La cuisine de rue à Maurice est une expérience culturelle en constante évolution, mêlant tradition et innovation pour enrichir le patrimoine local. Ce phénomène, personne ne le raconte mieux qu’Ashvin Pothano, connu aujourd’hui sous le nom de PothaKnows à travers l’île. Doté d’une riche connaissance de la cuisine mauricienne et internationale, Ashvin a su, pendant ses quelques années en tant que blogueur culinaire, conquérir le grand public et influencer leurs assiettes et leurs sorties. Pour nous plonger au cœur de l’effervescence qui entoure la street food aujourd’hui et nous familiariser avec son aventure de blogueur, Ashvin se livre avec la même énergie que nous retrouvons dans ses vidéos.
Originaire de Port-Louis, Ashvin explique qu’il a grandi au cœur de cette culture culinaire protéiforme et diversifiée. Pour ce passionné de cuisine, grandir à Port-Louis lui a permis d’être un témoin privilégié de l’évolution de la street food et de ces changements dans le paysage local. Selon lui, l’intérêt autour de ce type de nourriture n’est point récent, il a toujours été présent mais avec certainement moins de fulgurance. « Il y a des institutions qui ont toujours su séduire les gens et qui existent depuis très longtemps, je pense à l’hôtel Pakistan ou encore à Roger Snack qui ont fait vibrer les âmes gourmandes depuis bien des années. Cependant, il est clair qu’au cours des quinze dernières années, un véritable engouement pour la street food s’est manifesté. Selon mon analyse, j’attribuerais ce boom au célèbre Dipain Cardo, un classique de la street food à l’époque, offert à un prix abordable et qui a probablement inspiré beaucoup à se lancer dans leur propre aventure street food ».
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Vashish Jaunky
Considérant la street food comme une composante essentielle du patrimoine local, Ashvin souligne cependant que l’essor de ce marché ne se présente pas seulement avec de bonnes nouvelles. « Je constate qu’avec plus de diversité et avec plus de pouvoir d’achat sur le marché, des gâteaux traditionnels à base de manioc ou de maïs qui coûtaient entre Rs5 et Rs10 sont graduellement en train de disparaître. Il y a de moins en moins de marchands, et les consommateurs se tournent vers d’autres choix plus coûteux et moins simples ».
Restant néanmoins positif, le food blogueur avoue être enthousiaste à l’idée d’expérimenter et de vivre les changements, les évolutions et autres métissages qui s’annoncent pour la cuisine mauricienne. Il conseille à ceux qui aimeraient tenter l’expérience street food d’essayer l’enseigne Tikka Renaissance à Port-Louis, un petit coin casse-croûte qui lui rappelle bien des souvenirs de son enfance et qui le pousse à préciser : « La nourriture, c’est souvent bien plus que des saveurs et des ingrédients, il y a toute une dimension d’histoire, de mémoire et de signification derrière qui apporte ce petit plus à l’expérience». Pour sortir de la capitale, il suggère Muslim Dholl Puri à Flacq et Selven Snack à Pamplemousses, des propositions qui devraient englober la base du street food mauricien.
En ce qui concerne les tendances du moment, Ashvin identifie bien évidemment les burgers qui monopolisent l’attention depuis ces dernières années, les fruits de mer frais qui suscitent beaucoup l’intérêt des jeunes et qui, selon lui, voleront la vedette au burger d’ici peu, sans compter la cuisine indienne qui prend aussi de l’ampleur. Mais alors d’où lui viennent cet intérêt et ce sens analytique bien défini pour la nourriture ? PothaKnows révèle que déjà à l’âge de 6 ans, il se concoctait des petits plats dans la cuisine familiale en rentrant de l’école. Un goutte-à-tout depuis tout petit, il attribue sa passion pour la nourriture à sa mère qui tenait une pâtisserie à domicile et son intérêt pour le food blogging à Florian Nair, dont les vidéos le faisaient voyager sans bouger de son canapé.
Confinement
Se lançant officiellement dans l’aventure du blogueur culinaire en début 2021, Ashvin raconte que c’est le confinement de 2019 qui lui a donné le temps de bien réfléchir à cette voie et de se lancer. « Après cette période sombre qui avait beaucoup impacté les restaurateurs, je me suis demandé ce qu’on pourrait faire pour les aider et relancer leurs activités. C’est ainsi que m’est venue l’idée de création de vidéos. J’en ai parlé à un ami qui a voulu me financer la moitié de mes équipements. Certes, je n’ai pas accepté l’aide financière, mais cet encouragement, le simple fait qu’il a cru en moi et en ce projet, était suffisant pour me pousser à me lancer. Les premières vidéos ont connu un succès si vif sur les réseaux et aussi pour les restaurateurs, que je me suis dit qu’on tenait là quelque chose ».
PothaKnows est une entreprise collective animée avec le groupe d’amis d’Ashvin. Il explique d’ailleurs qu’il ne se rend jamais seul dans un restaurant car pour avoir un avis plus concret sur la nourriture, les commentaires de ses amis sont cruciaux. Avec eux, il compte se lancer dans un petit projet de restauration d’ici à l’année prochaine afin de proposer des produits de qualité signés Pothaknows. Après le succès du fameux Butterchicken burger qu’il a proposé cette année-ci avec l’enseigne Cozy Burger, Ashvin révèle vouloir créer d’autres expériences similaires pour permettre aux Mauriciens de s’ouvrir à d’autres horizons gustatifs.
En attendant de concrétiser tous ces plans ambitieux, le jeune passionné travaille sur un projet de vidéos en anglais et en français pour une audience internationale. Il conclut en partageant trois préparations culinaires qu’il estime être des trésors de la cuisine mauricienne, dont le Kat-Kat manioc, le salmi et le bomli, des plats qui, selon lui, sont souvent délaissés et qui mériteraient d’être redécouverts et mis en valeur. Rappelant aussi que la nourriture est une expérience subjective – bien sûr les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas – Ashvin compte bien continuer son aventure en partageant culture, gastronomie, analyses et anecdotes avec son audience toujours en expansion.
https://pothaknows.com/
https://www.instagram.com/pothaknows/
Facebook.com/PothaKnows
PothaKnows: When street food becomes a digital passion
Street food in Mauritius is a constantly evolving cultural experience, blending tradition and innovation to enrich the local heritage. No one can describe this phenomenon better than Ashvin Pothano, now known throughout the island as PothaKnows. With a wealth of knowledge of Mauritian and international cuisine, Ashvin’s few years as a food blogger have won over the public and influenced their dishes and outings. To plunge us into the heart of the buzz surrounding street food today, and to familiarise us with his blogging adventure, Ashvin reveals himself with the same energy we find in his videos.
Originally from Port-Louis, Ashvin explains that he grew up at the heart of this protean and diverse culinary culture. For this food enthusiast, growing up in Port-Louis has enabled him to witness first-hand the evolution of street food and these changes in the local landscape. According to him, interest in this type of food is not recent, it has always been present but certainly with less dazzle. « There are institutions that have always appealed to people and have been around for a very long time, such as Hotel Pakistan or Roger Snack, which have been thrilling gourmets’ souls for many years. However, the last fifteen years have witnessed a real craze for street food. In my analysis, I’d attribute this boom to the famous Dipain Cardo, a street food classic at the time, offered at an affordable price and which probably inspired many to embark on their own street food adventure ».
Seeing street food as an essential part of local heritage, Ashvin points out, however, that the market’s rise is not all good news. « I see that with more diversity and more purchasing power in the market, traditional cassava or maize-based cakes that used to cost between Rs5 and Rs10 are gradually disappearing. There are fewer and fewer vendors and consumers are turning to other more expensive and less simple choices ».
Remaining positive nonetheless, the food blogger confesses to being enthusiastic about the idea of experimenting and experiencing all the changes, evolutions and interbreeding that lie ahead for Mauritian cuisine. He advises those who would like to give street food a go to try Tikka Renaissance in Port-Louis, a little food spot that brings back many memories of his childhood, prompting him to add: « Food is often far more than merely flavours and ingredients, there’s a whole dimension of history, memory and meaning behind it that brings something extra to the experience. » Out of the capital, he recommends Muslim Dholl Puri in Flacq and Selven Snack in Pamplemousses, propositions that should encompass the base of Mauritian street food.
Officially embarking on his food blogging adventure in early 2021, Ashvin says it was the 2019 confinement that gave him the time to think deeply about this path and take the plunge. « After this dark period that had greatly impacted restaurateurs, I wondered what we could do to help them and revive their businesses. That’s how I came up with the idea of creating videos, and I mentioned it to a friend who was willing to finance half of my equipment. Admittedly, I didn’t accept the financial help, but his encouragement, the mere fact that he believed in me and in this project, was enough to push me to get started. The first videos were such a big hit on the networks and also with restaurant owners that I knew we were onto something”.
PothaKnows is a collective venture run by Ashvin’s group of friends. He explains that he never goes out to a restaurant alone, because to get a more concrete opinion on the food, his friends’ comments are crucial. With them, he plans to launch a small catering project within the next year to offer quality products signed by Pothaknows. After the success of the famous Butterchicken burger which he proposed this year with the Cozy Burger brand, Ashvin reveals that he wants to create other similar experiences to allow Mauritians to open up to other gustatory horizons.
In the meantime, the young enthusiast is working on a video project in English and French for an international audience. He concludes by sharing three culinary preparations that he considers to be treasures of Mauritian cuisine, among which Kat-Kat manioc, salmi and bomli, dishes that he believes are often neglected and deserve to be rediscovered and showcased. Reminding us that food is a subjective experience – everyone has their own tastes – Ashvin means to continue his adventure by sharing culture, gastronomy, analysis, and anecdotes with his ever-expanding audience.
https://pothaknows.com/
https://www.instagram.com/pothaknows/
Facebook.com/PothaKnows
To experience this colourful culinary journey, you need to spend an average of Rs 250 per person. If you want to know more, please visit the Facebook and Instagram page of the restaurant « Kot Mamé Ramalingum & Sons ».













