Situées au large de la côte sud-est de l’île Maurice, l’Île de la Passe et l’Île aux Fouquets sont bien plus que de simples îlots. À la croisée de l’histoire militaire et de la conservation écologique, ces lieux emblématiques incarnent à la fois la mémoire vivante du pays et un engagement fort en faveur de la biodiversité.
Des témoins de l’histoire mauricienne
L’Île de la Passe se dresse dans la baie de Grand Port, à environ 4,3 km du quai du Bois des Amourettes. Ce petit îlot calcaire, autrefois fortifié par le général français Decaen, fut le théâtre de la célèbre bataille de Grand Port en août 1810. Cet affrontement naval entre les forces britanniques et françaises reste à ce jour la seule victoire française inscrite sur l’Arc de Triomphe à Paris.
Aujourd’hui encore, les vestiges de cette époque sont visibles, rappelant aux visiteurs la dimension stratégique qu’a pu avoir cette île dans l’histoire coloniale de Maurice.
L’Île aux Fouquets : un phare dans l’océan
À cinq kilomètres de là, l’Île aux Fouquets — aussi appelée l’Île au Phare — abrite un phare construit en 1865, qui servait à guider les navires à travers les eaux souvent capricieuses du sud-est mauricien. Entourée de falaises calcaires et de criques spectaculaires, elle offre un panorama d’une beauté saisissante.
Séparée de l’Île de la Passe par l’îlot Vacoas, une zone interdite au public, l’Île aux Fouquets est aujourd’hui une destination prisée par les amoureux de nature et d’histoire.
Un refuge pour la biodiversité
Au-delà de leur intérêt historique, ces îles jouent un rôle majeur dans la conservation de la faune et de la flore endémiques de Maurice. Le ministère de l’Agro-industrie, la Mauritian Wildlife Foundation et le Durrell Wildlife Conservation Trust y mènent des projets ambitieux de restauration écologique.
En 2008, une population de Scinques de Bojer, un reptile menacé, a été relocalisée de l’îlot Vacoas vers l’Île aux Fouquets afin de renforcer les chances de survie de l’espèce. Ces scinques jouent un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes en régulant les populations d’insectes.
L’importance de la biosécurité
Après la catastrophe écologique causée par le naufrage du Wakashio en 2020, les efforts de surveillance se sont intensifiés. Des contrôles rigoureux sont désormais menés chaque année pour suivre l’évolution des oiseaux de mer, des insectes, des reptiles et des plantes.
« Il est essentiel de contrôler ce que nous emportons sur ces îles : sacs, poches, chaussures… afin d’éviter toute introduction accidentelle de prédateurs ou de plantes invasives », rappelle le biologiste Pouvalen Seeneevassin. Les visiteurs sont également invités à rester sur les sentiers balisés et à ne laisser aucune trace de leur passage.
Un patrimoine naturel et culturel à préserver
L’Île de la Passe et l’Île aux Fouquets illustrent parfaitement la complémentarité entre conservation et valorisation du patrimoine. Ces sanctuaires naturels, riches en espèces rares et en récits historiques, méritent d’être explorés avec respect et conscience.
Photos : Mauritian Wildlife Foundation
Île de la Passe and Île aux Fouquets: Between History and Biodiversity
Off the south-eastern coast of Mauritius lie two emblematic islets that offer far more than postcard-perfect views. Île de la Passe and Île aux Fouquets are powerful symbols of both the island’s colonial past and its ongoing efforts to protect biodiversity. Today, these sites are at the heart of conservation programmes led by the Ministry of Agro-Industry, the Mauritian Wildlife Foundation, and the Durrell Wildlife Conservation Trust.
Guardians of Mauritian history
Île de la Passe sits in the bay of Grand Port, 4.3 km from the Bois des Amourettes jetty. It played a strategic military role during the French colonial era. Fortifications were built on the island under the command of General Decaen to guard against enemy invasion. In August 1810, the island witnessed the famous Battle of Grand Port — the only French naval victory inscribed on the Arc de Triomphe in Paris.
With panoramic views of the turquoise lagoon and remnants of military infrastructure still visible, the island remains a silent witness to one of the most significant battles in the Indian Ocean.
The lighthouse island
Just 5 km away lies Île aux Fouquets, also known as Île au Phare. Its historic lighthouse, built in 1865, guided ships through dangerous waters. The island’s rugged limestone cliffs and dramatic sea views make it one of the most scenic spots in the region.
Separated from Île de la Passe by the smaller and protected Îlot Vacoas, Île aux Fouquets offers visitors a rare blend of natural beauty and historical significance.
A haven for endemic species
These islands are not just relics of the past — they are also vital ecosystems. They shelter rare reptiles, seabirds and endemic plants. In 2008, a population of Bojer’s skinks was successfully relocated from Îlot Vacoas to Île aux Fouquets, in an effort to safeguard the species from extinction.
“Skinks are essential for maintaining the ecological balance by keeping insect populations in check,” explains conservation biologist Pouvalen Seeneevassin. The transfer was part of a broader mission to build resilient, interconnected ecosystems across the islets of Mauritius.
Post-Wakashio conservation response
The 2020 Wakashio oil spill prompted conservation groups to double down on monitoring and biosecurity measures. Today, annual surveys track the evolution of seabirds, reptiles, and native vegetation.
“Before visiting, we must carefully check all bags and clothing to avoid accidentally introducing pests such as seeds, rats, or insects,” Seeneevassin emphasises. “Visitors should also stick to marked paths, watch where they step, and leave no waste behind.”
Natural and cultural heritage at risk
With their combination of dramatic landscapes, endangered wildlife, and storied past, Île de la Passe and Île aux Fouquets are true treasures of the Mauritian coastline. These islands are living museums and thriving sanctuaries — and they demand our respect and protection.
Photos : Mauritian Wildlife Foundation













