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Hôtel

La Pirogue, une histoire de fidélité : ces vacanciers qui reviennent depuis des décennies

May 14, 10:14 am

À La Pirogue, certains clients ne réservent plus vraiment des vacances. Ils reviennent chez eux. À l’occasion des 50 ans de l’hôtel mauricien, plusieurs habitués ont accepté de raconter leur lien intime avec ce lieu devenu, au fil des décennies, bien plus qu’une destination balnéaire.

Leurs souvenirs traversent les époques : l’ouverture de Sugar Beach, les grandes soirées élégantes du casino, les employés devenus des amis, les chambres toujours réservées au même numéro, et ce sentiment rare d’être attendus année après année.

Sylvia Meyer : « La Pirogue, c’est ma maison »

Originaire de Suisse, Sylvia Meyer découvre Maurice il y a plus de trente ans presque par hasard. À l’époque, elle cherche surtout à fuir le téléphone du bureau et le stress du quotidien.

« Je voulais partir loin, là où personne ne pourrait me joindre », raconte-t-elle en souriant.

Dans une agence de voyages, plusieurs destinations lui sont proposées. Maurice s’impose immédiatement. Puis vient le choix de La Pirogue. Une décision qu’elle ne remettra jamais en question.

Depuis, Sylvia est revenue pratiquement chaque année, à l’exception de la période du Covid-19. Elle n’a jamais essayé un autre hôtel mauricien.

« Pourquoi changer ? Ici, c’est ma maison. »

Sa fidélité est telle qu’elle séjourne toujours dans le même bungalow : le 331. Un rituel devenu presque symbolique.

Mais plus encore que le lieu, ce sont les liens humains qui l’ont attachée à La Pirogue. Au fil des années, des membres du personnel sont devenus des amis proches. Elle évoque avec émotion Stephen, un employé disparu, dont la mort l’a profondément bouleversée.

« C’était mon meilleur ami ici. On était très proches. »

Elle se souvient aussi des anniversaires de l’hôtel, des directeurs successifs, de l’arrivée de Sugar Beach voisin, et surtout de cette atmosphère unique qu’elle ne retrouve nulle part ailleurs.

« Les gens sont gentils, l’ambiance est tranquille, les bungalows au milieu du jardin… tout simplement, on s’y sent bien. »

M. Huet : le charme des bungalows et du jardin tropical

Originaire de Berlin-Ouest, M. Huet découvre La Pirogue en 1994. Ce qui le séduit immédiatement ? L’architecture atypique des bungalows.

« J’ai vu une brochure avec les toits de chaume et je me suis dit : c’est là que je veux aller. »

Depuis plus de trente ans, il revient régulièrement à Maurice et séjourne toujours à La Pirogue. Pour lui, l’hôtel possède une personnalité particulière.

« Les bungalows, le grand jardin, la plage… et les gens. »

Il évoque aussi les plaisirs simples des vacances mauriciennes : les longues journées au soleil, les buffets généreux, les excursions vers l’îlot Gabriel ou encore les sorties en bateau.

Parmi ses souvenirs les plus marquants figure justement une excursion vers l’île Gabriel, dont il garde encore aujourd’hui des images très précises.

« Les plages étaient incroyables. »

À Berlin, il parle souvent de Maurice à ses proches. Pourtant, peu ont franchi le pas du voyage.

« Mon frère ne prend jamais l’avion », dit-il en riant.

M. Beckman : un demi-siècle de souvenirs mauriciens

L’histoire de M. Beckman impressionne même les équipes de l’hôtel. Cet Allemand du nord du pays fréquente La Pirogue depuis pratiquement son ouverture, à peine quelques mois après 1976.

Depuis près de cinquante ans, il revient presque chaque année avec sa famille.

« Ici, je me sens à la maison. »

Son regard porte aussi la mémoire d’une autre époque de l’hôtellerie mauricienne. Il se rappelle du casino de La Pirogue, des soirées élégantes où les clients s’habillaient avec raffinement.

« Toutes les femmes étaient élégantes. Aujourd’hui, les vacances sont différentes. »

Avec tendresse, il évoque également les journées de pêche au large de Maurice, les marlins rapportés en Allemagne, les hivers européens qu’il fuit chaque année pour retrouver la chaleur mauricienne.

Pour lui, La Pirogue reste avant tout un lieu de détente absolue.

« Nous venons ici pour nous reposer. »

Une fidélité qui raconte l’âme de La Pirogue

Dans un secteur touristique où les voyageurs recherchent sans cesse de nouvelles expériences, ces fidélités sur trente, quarante ou cinquante ans disent quelque chose de rare. Elles racontent une hospitalité qui dépasse le simple séjour hôtelier.

À La Pirogue, les clients reviennent pour la plage, les jardins ou les bungalows emblématiques. Mais ils reviennent surtout pour une atmosphère, des visages familiers et cette impression presque familiale qui traverse les générations.

Cinquante ans après son ouverture, l’hôtel continue ainsi d’écrire son histoire à travers celles de ses habitués.

La Pirogue, a story of loyalty: vacationers who have been coming back for decades

At La Pirogue, some customers no longer really book holidays. They return home. On the occasion of the 50 years of the Mauritian hotel, several regulars have agreed to tell their intimate link with this place that has become, over the decades, much more than a seaside destination.

Their memories span the ages: the opening of Sugar Beach, the casino’s elegant parties, employees who became friends, rooms always reserved for the same number, and that rare feeling of being expected year after year.

Sylvia Meyer: « La Pirogue is my home »

Originally from Switzerland, Sylvia Meyer discovered Mauritius more than thirty years ago almost by chance. At the time, she mainly sought to escape the office phone and the stress of everyday life.

« I wanted to go far away, where no one could reach me, » she says with a smile.

In a travel agency, several destinations are offered to him. Mauritius immediately imposes itself. Then comes the choice of La Pirogue. A decision she will never question.

Since then, Sylvia has returned almost every year, except during the COVID-19 period. She has never tried another Mauritian hotel.

« Why change? Here, it’s my home. »

Her loyalty is such that she always stays in the same bungalow: the 331. A ritual that has become almost symbolic.

But even more than the place, it is the human ties that have attached her to La Pirogue. Over the years, staff members have become close friends. She evokes with emotion Stephen, a missing employee, whose death deeply moved her.

« He was my best friend here. We were very close. »

She also remembers the hotel’s birthdays, successive directors, the arrival of neighboring Sugar Beach, and above all this unique atmosphere that she can’t find anywhere else.

« The people are nice, the atmosphere is quiet, the bungalows in the middle of the garden… quite simply, it feels good. »

Mr. Huet: the charm of the bungalows and the tropical garden

Originally from West Berlin, Mr. Huet discovered La Pirogue in 1994. What immediately appealed to him? The atypical architecture of the bungalows.

 

"I saw a brochure with thatched roofs and said to myself: that’s where I want to go."

For more than thirty years, he has been returning regularly to Mauritius and still stays at La Pirogue. For him, the hotel has a special personality.

« The bungalows, the big garden, the beach… and the people. »

 

He also evokes the simple pleasures of the Mauritian holidays: long days in the sun, generous buffets, excursions to the island Gabriel or even boat trips.

Among his most memorable memories is an excursion to Gabriel Island, of which he still keeps very accurate images today.

« The beaches were amazing. »

In Berlin, he often talks about Mauritius to his loved ones. Yet, few have taken the step of the journey.

« My brother never flies, » he says, laughing.

Mr. Beckman: a half-century of Mauritian memories

Mr. Beckman’s story impresses even the hotel staff. This German from the north of the country has been attending La Pirogue since it was practically opened, just a few months after 1976.

For nearly fifty years, he has returned almost every year with his family.

« Here, I feel at home. »

His gaze also carries the memory of another era in the Mauritian hotel industry. He remembers the casino of La Pirogue, elegant evenings where customers dressed with refinement.

« All women were elegant. Today, holidays are different. »

With tenderness, he also evokes the days of fishing off the coast of Mauritius, the marlins brought back to Germany, the European winters that he flees every year to find again the Mauritian heat.

For him, La Pirogue remains above all a place of absolute relaxation.

« We come here to rest. »

A fidelity that tells the soul of La Pirogue

In a tourist sector where travelers are constantly looking for new experiences, these loyalties over thirty, forty or fifty years say something rare. They tell a hospitality that goes beyond the simple hotel stay.

At La Pirogue, guests return for the beach, gardens or iconic bungalows. But they come back mostly for an atmosphere, familiar faces and that almost family-like impression that crosses generations.

Fifty years after its opening, the hotel continues to write its history through those of its regulars.

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