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Culture

Diyas : voyage dans une tradition millénaire

November 12, 9:59 pm

Comme chaque année pour la Divali, l’île Maurice s’illumine de dizaines de milliers de lumières pour la majorité électrique. Pourtant, les « diyas », lampes en terre cuite, ne sont pas tombées dans l’oubli. Grâce à des potiers comme dans la famille Ragoobar de Terre Rouge qui perpétue depuis quatre générations cette tradition millénaire.

Fête des Lumières

C’est Sassun Ragoobar qui a repris le flambeau de cette activité qui subsiste encore, pas seulement pour la Fête des Lumières, mais aussi pour les cérémonies religieuses hindoues qui se tiennent tout au long de l’année. Sassun a pris la relève de son père Sahil, il y a une dizaine d’années. Mais il a toujours vécu dans le monde de la poterie. « Je n’ai pas une notion exacte de quand j’ai vraiment appris ce métier. Depuis mon enfance j’ai toujours vu et aidé mon père ».

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Sassun ne se destinait pas forcément à ce métier mais prenant conscience de son importance, il a marché dans les pas de son père avec fierté.

Car, d’une part, la famille Ragoobar est peut-être la dernière à encore fabriquer ces lampes de façon traditionnelle et parce que la demande est toujours là. La production quotidienne est de 7 000 pièces et passe à 9 000 pour la Durga Pooja et Divali.

 

Ils sont cinq à travailler dans l’atelier situé entre les villages d’Arsenal et Terre Rouge, juste au tournant, à gauche en allant vers Port-Louis. On les voit s’affairer entre quelques bicoques de tôle où des centaines, voire des milliers de lampes de terre sont disposées sur des étagères. Ces ouvriers répètent les gestes qui depuis près de 150 ans rythment cette cour.

Si la naissance d’une lampe semble l’affaire de quelques minutes, le processus de fabrication est assez long. « Il faut d’abord aller chercher la terre glaise, une terre molle que l’on trouve au fond des fouilles pour les fondations des maisons. On la trouve uniquement dans le nord du côté de d’Arsenal, Terre Rouge et Balaclava. Malheureusement, elle devient rare », déclare Sassun.

Mise à sécher pendant deux ou trois jours selon l’ensoleillement, la terre sera ensuite mélangée avec de la poussière de roche (rock dust) ou du rocksand. Un procédé nécessaire car la terre de Maurice est différente de celle de l’Inde, justifie Sassun. La poussière ajoutée assèche la terre et la rend plus malléable. Puis, elle est malaxée avec une pelle et les pieds, pour vraiment bien lier les deux parties jusqu’à obtenir un mélange de couleur uniforme. Ce mélange est ensuite mis dans une sorte de presse cylindrique comme pour fabriquer des pâtes.

Cette presse a été ajoutée à la fabrication traditionnelle afin d’écraser les « grumeaux » qui peuvent échapper au premier pétrissage, explique Sassun. C’est cette pâte lisse ainsi obtenue qui va servir à la fabrication des lampes.

Une grosse boule de pâte est déposée sur un tour et les mains expertes du potier s’activent pour faire d’abord un petit monticule dont la partie supérieure va être enlevée, en quelques gestes rapides et précis, pour modeler la petite lampe. Celle-ci va rejoindre des dizaines d’autres qui attendent patiemment d’être enlevées et mises à sécher. Un processus qui durera quelques jours avant la mise au four selon un procédé bien artisanal.

Le four est alimenté avec de la paille et du bois et les lampes y restent pendant quarante-huit heures au bout desquelles elles sont enlevées, triées et les pièces abîmées, retirées. Si certaines ont des défauts mineurs, ceux-ci sont corrigés avec un pinceau d’une pâte de terre, explique Sassun.

Les lampes sont ensuite mises ensuite dans de gros sacs de raphias et partent aux quatre coins de l’île. Utilisées lors de prières où le soir de Divali, elles apportent de la lumière, la chaleur et perpétuent le voyage dans le temps et les traditions.

Diyas: a journey into an age-old tradition

As every year for the Divali, Mauritius is lit up by tens of thousands of lights, most of them electric. However, the « diyas », terracotta lamps, have not fallen into oblivion. Thanks to potters such as the Ragoobar family from Terre Rouge who have been perpetuating this age-old tradition for four generations.

It is Sassun Ragoobar who has taken over this activity which still exists, not only for the Festival of Lights but also for the Hindu religious ceremonies which are held throughout the year. Sassun took over from his father Sahil about ten years ago. But he has always lived in the world of pottery. « I don’t have an exact notion of when I really learned this craft. Since I was a child I have always seen and helped my father”.

Sassun was not necessarily destined for this profession but, becoming aware of its importance, he walked in his father's footsteps with pride.

Because, on the one hand, the Ragoobar family is perhaps the last to still make these lamps in the traditional way and because the demand is still there. The daily production is 7,000 pieces and is increasing to 9,000 for the Durga Pooja and Divali.

There are five of them working in the workshop located between the villages of Arsenal and Terre Rouge, just around the corner, on the left as you go towards Port-Louis. You can see them busy between a few tin shacks where hundreds or even thousands of earth lamps are laid out on shelves. These workers repeat the gestures which for nearly 150 years have punctuated this courtyard.

If the birth of a lamp seems to take only a few minutes, the manufacturing process is quite long. « First of all, you have to go and get the clay, soft earth found at the bottom of the excavations for the foundations of the houses. It can only be found in the north near d’Arsenal, Terre Rouge, and Balaclava. Unfortunately, it is becoming rare, » says Sassun.

The soil is dried for two or three days, depending on the amount of sunshine, and then mixed with rock dust or rock sand. A necessary process because the soil of Mauritius is different from that of India, Sassun explains. The added dust dries the soil and makes it more malleable. Then it is kneaded with a shovel and feet to really bond the two parts together until a uniform colour mixture is obtained. This mixture is then put into a kind of cylindrical press for making pasta.

This press has been added to the traditional manufacturing process to crush the « lumps » that may escape from the first kneading, explains Sassun. It is this smooth dough thus obtained that will be used to make lamps.

A large ball of dough is placed on a lathe and the potter’s expert hands work to make a small mound, the upper part of which is removed in a few quick and precise movements to shape the small lamp. This one will join dozens of others waiting patiently to be removed and put to dry. A process that will last a few days before being put in the oven according to a very artisanal procedure.

The kiln is fed with straw and wood and the lamps remain there for forty-eight hours, after which they are removed, sorted and the damaged pieces removed. If some of them have minor defects, these are corrected with a brush made of clay, explains Sassun.

The lamps are then put into large raffia bags and taken to the four corners of the island. Used during prayers or on Divali’s evening, they bring light, warmth and perpetuate the journey through time and traditions.

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