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Ile Durable

L’Île aux Aigrettes : une idée du paradis mauricien d’avant les colonisations

January 11, 8:27 pm

Eaux turquoise, faune marine en abondance, coraux majestueux, l’île aux Aigrettes a retrouvé tout le charme de l’île Maurice d’avant les colonisations qui lui avaient donné les efforts de la Mauritius Wildlife Foundation depuis plus de trois décennies. Cinq mois après le drame du MV Wakashio, à l’image du lagon de Grand Port qui avait été recouvert d’huile déversée par le vraquier japonais battant pavillon panaméen, MV Wakashio, suite à son naufrage sur les récifs fin juillet 2020, l’île a été presque complètement nettoyé et est désormais ouvert aux visites sous le contrôle de l’organisation environnementale.

Plus de 2 400 tonnes de déchets et débris dangereux retirées

Cette restauration de l’île aux Aigrettes on le doit à Polyeco, une compagnie internationale implantée à Maurice depuis 2016, qui a livré en tout 21 km de littoral propre dans le sud-est de l’île Maurice, début décembre soit un mois avant la date prévue de janvier 2021. L’équipe de Polyeco a mené cette opération avec la précieuse contribution d’hommes et de femmes de Maurice mais aussi de volontaires locaux, qui ont travaillé sans relâche au cours des quatre derniers mois. Grâce à leurs efforts collectifs, des sites emblématiques tels que Blue Bay, Pointe d’Esny, Preskil Hotel, Pointe Jérôme, le Mahebourg Waterfront, Petit Bel Air, Anse Fauvrelle, Rivière des Créoles, Pointe Brocus, l’Île Aux Aigrettes, l’Île Mouchoir Rouge et l’Île des Deux Cocos, ont retrouvé leur éclat original. Au total, les opérations ont nécessité une mobilisation d’environ 300 habitants. Plus de 2 400 tonnes de déchets et débris dangereux ont été retirées des différents littoraux.

« Notre objectif était de rendre au littoral son état d’origine. L’annonce d’aujourd’hui est le témoignage de ce que nous pouvons réaliser avec un travail acharné et une forte motivation. Les déchets dangereux collectés sur le site ont été acheminés vers le site de stockage provisoire pour ce type de déchet à La Chaumière, à Bambous, pour y être correctement reconditionnés et stockés en toute sécurité avant leur exportation en vue de leur élimination finale. La catastrophe écologique générée par la marée noire provoquée par le MV Wakashio a sensibilisé le public à l’importance de la sécurité environnementale, et c’est, en effet, une histoire humaine importante et incroyable que nous devons partager avec nos petits-enfants au cours des années à venir. Pendant tout ce temps, nous avons été témoins d’un sens du devoir et du patriotisme de tous les Mauriciens impliqués, de la volonté, de la résilience et de l’espoir de toutes les personnes qui ont participé à cette tâche », a déclaré Kostas Chatzatoglou, Country Manager de Polyeco en annonçant la fin des travaux le 15 décembre dernier.

Toutefois, Polyeco ne quitte pas encore le site car elle attend que l’enlèvement de la proue se fasse afin de prévenir l’éventualité de tout nouveau déversement d’huile pendant l’opération. Ce travail qui a été alloué à une compagnie chinoise, devrait se faire au mois de janvier, a confirmé le ministre de la Pêche et l’Économie marine, Sudhir Maudoo. Outre le littoral, la compagnie est fière d’avoir réalisé le nettoyage des îles affectées par le déversement d’huile et notamment de l’atoll corallien de 25 hectares, l’île aux Aigrettes, située à 625 mètres au large des côtes, et qui abrite certaines des espèces les plus rares de la planète, que l’on ne trouve nulle part ailleurs à Maurice ou dans le monde.

Réserve naturelle protégée pour la première fois en 1965, elle est gérée par une ONG locale, la Mauritius Wildlife Foundation, depuis 1985, comme un refuge pour stabiliser et restaurer les espèces menacées dans un cadre endémique.

La Mauritius Wildlife Foundation a mis en place 40 programmes de conservation pour soutenir diverses espèces menacées. Selon le Service des parcs nationaux et de la conservation de Maurice, l’île aux Aigrettes possède la couverture végétale indigène la mieux préservée de toutes les îles coralliennes des Mascareignes et contient le dernier morceau de forêt indigène riche en ébène qui était autrefois abondante sur une grande partie de l’île Maurice.

L’île est désormais ouverte de nouveau au public qui peut constater le formidable travail de conservation qui y est fait et avoir un aperçu de ce que fut l’île Maurice avant la venue des premiers hommes il y a plus de 500 ans. Letichia, une guide professionnelle qui nous a accompagné pendant une visite des lieux, ne cache pas sa joie de retrouver ce petit bout de pays après des mois de fermeture. « Dans le sillage du naufrage et du déversement d’huile, l’air était irrespirable sur l’île pendant au moins deux semaines. Nous avons dû mettre en place un plan de sauvetage d’urgence avec l’évacuation des chauves-souris, des cardinaux de Maurice, de l’oiseau à lunettes et plus de 4 000 plantes. Certains reptiles ont aussi été ramenés sur la terre ferme mais tous n’ont pu l’être », nous explique-t-elle.

À première vue, ils ont plutôt bien résisté aux vapeurs polluantes à l’instar des scinques de Telfair, que nous avons croisés. Les oiseaux qui ont été réintroduits à l’instar du pigeon rose, grande réussite du système de préservation ou du cardinal endémique de Maurice semblent avoir bien toléré leur déplacement et leur séjour sur l’île Maurice. « Le pigeon rose que vous voyez fait partie de la vingtaine qu’abrite l’île. Il faut savoir qu’un 1990, il n’y avait que 9 individus sur toute l’île Maurice. Aujourd’hui, grâce aux efforts de la Wildlife, nous avons entre 500 et 600 dans les forêts de l’île », souligne Letichia.

Les arbres et plantes semblent aussi ne pas avoir trop souffert. Toutefois, « on ne sait pas comment l’huile et les vapeurs ont pu affecter les plantes et les animaux, s’il y a des mutations, ou une stérilisation… Nous avons mis en place un suivi de l’impact à long terme », assure la guide. Pour leur part, les biologistes qui habitent sur l’île continuent le travail de propagation et conservation à l’instar de Pascal, que nous avons rencontré dans la serre en train de préparer des boutures. Autour de lui des milliers de plantes qui avaient dû être évacuées et qui ont retrouvé aujourd’hui leur environnement familier.

Un peu plus loin au cœur de l’île nous croisons différentes plantes endémiques comme le latanier bleu, le bois de reinette et le palmier de l’île Ronde et surtout le Bois d’ébène (Diospyros Egrettarum), autrefois surnommé l’or noir pour sa valeur inestimable. Dans cet espace, nous avons une idée de ce que les premiers hommes qui ont débarqué sur l’île Maurice ont pu voir. Une végétation dense, non-souillée, une image édénique qui fait rêver. C’est le paradis retrouvé.

Îles aux Aigrettes: an idea of the Mauritian paradise before the coming of man

With its turquoise waters, abundant marine life and majestic corals, Ile aux Aigrettes has regained all the charm of pre-colonial Mauritius, which had been the focus of the Mauritius Wildlife Foundation’s efforts for over three decades. Five months after the tragedy of the MV Wakashio, like the lagoon of Grand Port which had been covered with oil spilled by the Japanese bulk carrier flying the Panamanian flag, MV Wakashio, following its wreck on the reefs at the end of July 2020, the island has been almost completely cleaned up and is now open to visits under the control of the environmental organisation.

This restoration of Ile aux Aigrettes is due to Polyeco, an international company established in Mauritius in 2016, which delivered a total of 21 km of clean coastline in the south-east of Mauritius in early December, one month ahead of the planned date of January 2021. The Polyeco team led this operation with the valuable contribution of men and women from Mauritius, but also of local volunteers, who have worked tirelessly over the past four months. Thanks to their collective efforts, emblematic sites such as Blue Bay, Pointe d’Esny, Preskil Hotel, Pointe Jérôme, the Mahebourg Waterfront, Petit Bel Air, Anse Fauvrelle, Rivière des Créoles, Pointe Brocus, Ile Aux Aigrettes, Ile Mouchoir Rouge, and Ile des Deux Cocos, have regained their original lustre. In total, the operations required the mobilisation of around 300 inhabitants. More than 2,400 tonnes of hazardous waste and debris were removed from the various coastlines.

« Our aim was to restore the coastline to its original state. Today’s announcement is testimony to what we can achieve with hard work and strong motivation. The hazardous waste collected from the site has been taken to the interim storage site for this type of waste at La Chaumière, in Bambous, to be properly reconditioned and safely stored before being exported for final disposal. The ecological disaster generated by the oil spill from the MV Wakashio has raised public awareness of the importance of environmental safety, and is indeed an important and incredible human story that we must share with our grandchildren in the years to come. During all this time, we have witnessed the sense of duty and patriotism of all the Mauritians involved, and the will, resilience and hope of all those who have participated in this task », said Kostas Chatzatoglou, Country Manager of Polyeco when announcing the end of the work on December 15.

However, Polyeco is not yet leaving the site as it is waiting for the bow to be removed to prevent the possibility of any new oil spill during the operation. This work, which has been allocated to a Chinese company, should be done in January, confirmed the Minister of Fisheries and Marine Economy, Sudhir Maudoo. In addition to the coastline, the company is proud to have carried out the clean-up of the islands affected by the oil spill, notably the 25-hectare coral atoll, Ile aux Aigrettes, located 625 metres off the coast, which is home to some of the rarest species on the planet, found nowhere else in Mauritius or in the world.

A nature reserve first protected in 1965, it has been managed by a local NGO, the Mauritius Wildlife Foundation, since 1985 as a refuge to stabilise and restore endangered species in an endemic setting.

The Mauritius Wildlife Foundation has set up 40 conservation programmes to support various endangered species. According to the Mauritius National Parks and Conservation Service, Ile aux Aigrettes has the best-preserved native vegetation cover of all the Mascarene coral islands and contains the last remaining piece of ebony-rich native forest that was once abundant over much of Mauritius.

The island is now open again to the public who can see the tremendous conservation work being done and get a glimpse of what Mauritius was like before the first humans arrived over 500 years ago. Letichia, a professional guide who accompanied us on a tour of the site, does not hide her joy at finding this little piece of the country after months of closure. « In the wake of the shipwreck and the oil spill, the air on the island was unbreathable for at least two weeks. We had to set up an emergency rescue plan with the evacuation of bats, the cardinals of Mauritius, the bird with glasses, and more than 4,000 plants. Some reptiles were also brought ashore but not all of them could be brought back, » she explains.

At first glance, they resisted rather well to the polluting vapours like the Telfair skins we came across. The birds that have been reintroduced, like the pink pigeon, a great success of the preservation system, or the endemic cardinal of Mauritius, seem to have well-tolerated their movement and stay in mainland Mauritius. « The pink pigeon that you see is one of the twenty or so birds that live on the island. It should be noted that in 1990, there were only 9 individuals in the whole of Mauritius. Today, thanks to the efforts of Wildlife, we have between 500 and 600 in the island’s forests, » Letichia points out.

The trees and plants also seem not to have suffered too much. However, « we don’t know how the oil and vapours may have affected the plants and animals, whether there are mutations or sterilization… We have set up a long-term impact monitoring system, » says the guide. For their part, the biologists who live on the island are continuing the work of propagation and conservation, like Pascal, whom we met in the greenhouse preparing cuttings. Around him, thousands of plants that had to be evacuated have now returned to their familiar environment.

A little further on in the heart of the island we came across various endemic plants such as the Blue Latanier, the Reinette Wood and the Palm Tree of Ile Ronde, and especially the Ebony Wood (Diospyros Egrettarum), once nicknamed the black gold for its priceless value. In this space, we have an idea of what the first men who landed on Mauritius could see. Dense, unsullied vegetation, an Edenic image that makes you dream. It is paradise regained.

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