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Arvind Bundhun : Il faut revoir le modèle touristique mauricien

À quelques jours de la réouverture des frontières, le directeur de la MTPA, Arvind Bundhun, affiche un optimisme mesuré mais se déclare confiant que la destination va rebondir.

À quelques jours de la réouverture des frontières, le directeur de la MTPA, Arvind Bundhun, affiche un optimisme mesuré mais se déclare confiant que la destination va rebondir. Selon lui, les crises, sanitaire et écologique, appellent à une révision du modèle touristique mauricien. Dans cette interview exclusive à voyA-G, il rassure aussi les opérateurs touristiques réunionnais et avance que les conditions pour venir à Maurice seront assouplies dans la durée.

À quelques jours de la réouverture des frontières, quel est le moral du secteur aujourd'hui alors que les avions sont presque tous au sol ?

La pandémie du Covid-19 est un challenge mondial pour le tourisme. Aujourd’hui, il y a des pays qui ont ouvert et d’autres qui s’apprêtent à le faire. Maurice a opté pour une ouverture en phases. Avec tous les protocoles sanitaires mis en place, je pense que ce sera une ouverture sereine. Le moral est plutôt encourageant car les opérateurs sont satisfaits de cette première étape. Nous avons lancé une plateforme de réservation en ligne dimanche dernier (NDLR le 20 septembre) et à vendredi matin nous étions déjà 658 chambres confirmées. Et il est bon de relever que 45 % des réservations viennent des étrangers, dont des séjours touristiques de longs termes. Ce qui nous conforte dans l’idée que Maurice reste une destination très prisée.

Le gouvernement mauricien a annoncé une ouverture des frontières pour le 1er octobre. Comment vous préparez-vous à cela ?

Pour le gouvernement mauricien, la sécurité de la population a toujours été au cœur de son action. À aucun moment, il n’y a eu de compromis là-dessus. Avant que toute personne n’entreprenne un voyage à l’île Maurice, elle devra faire un test PCR avant de prendre l’avion au moins cinq jours avant. Mais nous considérons étendre ce délai à sept jours en raison de certaines difficultés dans certains pays. Si le test est négatif, elle pourra se rendre sur le site de deux compagnies aériennes, Air Mauritius et Emirates. Il faut savoir que le ciel étant toujours fermé, il n’y a que ces deux compagnies qui assurent des vols sur Maurice (3 pour Air Mauritius et 1 pour Emirates par semaine).

Une fois une date de vol arrêtée, la personne est redirigée vers le site de l’Office du Tourisme de Maurice où elle peut choisir un hôtel où elle passera une quatorzaine obligatoire. Après s’être acquittée des frais, elle sera redirigée vers le site de la compagnie d’aviation pour réserver son vol.

Le passager devra se soumettre à un autre test à son arrivée à l’aéroport dans un laboratoire spécial. Un convoi sécurisé l’emmènera ensuite à son hôtel où il fera un troisième test, sept jours après. S’il est négatif, il sera alors autorisé à sortir de leur hôtel et aller dans la communauté.

La période de quarantaine de 14 jours et de surcroît payante ne risque-t-elle pas de décourager les touristes potentiels ?

Nous vivons une période extrêmement dynamique et personne ne peut savoir de quoi demain sera fait. Cette période de quatorze jours a fait ses preuves jusqu’ici lors des vols de rapatriement et nous avons ainsi détecté quelques cas au bout de huit jours. Nos experts sanitaires continuent de suivre la situation et si tout se passe bien, ils pourront peut-être revoir cette période et la diminuer au mois de novembre.

Quels sont les marchés que vous visez dans l'immédiat ?

Difficile de vraiment mettre un focus. Aujourd’hui nos vols sont concentrés sur la France, qui reste notre principal marché. D’ailleurs, la majorité des réservations en provenance des étrangers sont françaises.

À La Réunion, les opérateurs grognent contre les conditions imposées. Est-ce que ce marché n'est pas important pour le moment ?

Ce n’est pas du tout notre politique. Je comprends la grogne des opérateurs réunionnais car près de 80 % de leur chiffre d’affaires se fait vers Maurice. Je me permets de rappeler que cette ouverture est pour la période du 1er au 31 octobre et que le ciel est toujours fermé. Aujourd’hui, le B2B ne fonctionne pas. Avec un élargissement de l’ouverture des frontières, nous allons possiblement réduire la durée de la quarantaine.

Nous sommes très conscients que le marché réunionnais est très important d’autant qu’il se trouve à 30 minutes de chez nous Mais le gros des touristes réunionnais vient pour des séjours de 4 à 5 jours ce qui aujourd’hui incompatible avec les règles sanitaires mondiales liées à au Covid-19. D’autant plus la Réunion est actuellement en zone rouge selon la classification française.

Est-ce que la crise générée par la pandémie de la Covid-19 n'appelle pas à une révision du modèle et de la stratégie marketing du tourisme mauricien ?

Je crois effectivement qu’il faut revoir le modèle mauricien. Nous avons connu une belle croissance ces dernières années pour atteindre 1,4 million de touristes en 2019. Nous avons des chambres pour accueillir tous types de touristes mais aujourd’hui tout cela a changé. Nous n’aurons pas ce volume tant qu’il n’y aura pas de vaccin. Il va falloir revoir notre produit et notre stratégie marketing.

Pendant le confinement, nous ne sommes pas allés dans les salons, nous n’avons pas fait de B2B, nous nous sommes embarqués dans une stratégie digitale et nous allons continuer là-dessus pour un bon bout de temps. Le 1er octobre nous relançons l’application MyMauritius avec Atoll. Nous avons déjà lancé une plateforme de réservation digitale. Nous sommes confrontés à un souci de data non-actualisé par rapport aux concurrents. Nous y travaillons actuellement.

Après la crise sanitaire, Maurice a été frappée par une crise écologique avec le naufrage du MV Wakashio et le déversement d’hydrocarbures. Comment faites-vous face à tout cela ?

Nous avons eu la malchance d’avoir eu le naufrage du MV Wakashio et le déversement d’hydrocarbures. C’est accident qui aurait pu arriver n’importe. Malheureusement, l’image du pays a été souillée par la presse et des personnes inconscientes qui ont fait croire que tout le lagon du pays avait été noyé dans l’huile alors qu’il s’agissant en fait de seulement 4 %.

Tout le déversement a été contenu et aujourd’hui le nettoyage du littoral affecté est presque complété. Nous avons dû faire une campagne de rétablissement de la vérité, en donnant la parole aux experts, en montrant des vidéos de lieux affectés. Petit à petit, nous remontons la pente. D’où la stratégie de communication sur nos marchés. Nous sommes passés d’une crise sanitaire à une crise écologique mais je suis confiant que nous allons sortir grandis de ces épreuves.

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