Enfants, nous avons tous tapé dans des balles en rêvant de devenir Ronaldo, Messi ou Pelé. Alors que nous délaissons presque tous nos désirs d’enfants devant la réalité de la vie, Hans Jeewanjee a réalisé son souhait. Il n’est pas devenu footballeur professionnel mais il continue de taper dans les balles. Pour cela, il a troqué le ballon de foot pour la petite balle blanche. Avec pour résultat, la possibilité de fouler un autre gazon, celui du « Paradis » et de devenir moniteur de golf.
« Tout a commencé dans un champ de cannes, près de mon village natal, La Gaulette », se souvient Hans, 39 ans, moniteur depuis 2008 au Golf du Paradis Beachcomber. « Un camarade, caddy au Paradis Beachcomber, a ramené au village un fer 9, quelques balles et des tees. J’avais 11 ans. Il m’a dit : « Viens, on va taper des balles ! » Depuis lors, la passion d’Hans pour le golf a guidé sa vie et sa carrière.
Adolescent, quand il ne sert pas au petit snack Tabagie de son père, il est au champ ou sur la plage à marée basse pour « taper des balles ». « Un beau jour, oui c’est vrai c’est un beau jour, Nanda, un des moniteurs du Paradis Beachcomber m’a proposé d’être ramasseur de balles ».
Hans connaît le célèbre resort pour l’avoir visité quelques fois, discrètement, à bord du tracteur de son père, chauffeur-bagagiste au Paradis Beachcomber pendant près de 50 ans. Dans sa mémoire enfantine, le domaine du Paradis Beachcomber est un royaume, le lieu magique des repas de Noël organisés alors pour les enfants du personnel. Hans a 17 ans quand il entre dans la pleine lumière du green, en quête des balles perdues dans le rough. Pendant dix ans, il occupe différents postes dans le Club House… Jusqu’au jour, inoubliable, où Mario Desvaux, responsable du Paradis Golf Club, dit à Hans : « On t’a choisi. On va te former pour devenir… moniteur de golf ».
Hans n’a rien oublié de son émotion : « Je me suis assis sur le parking. Je me sentais aussi heureux qu’incapable. J’avais arrêté le collège en Forme III et j’avais beaucoup de lacunes. Mario m’a témoigné toute sa confiance. Peu après, je partais en France pour cinq semaines. Deux professeurs, Sébastien et Mathieu, m’ont formé et m’ont tout appris. J’ai débuté ma première saison en octobre 2008 ».
Depuis Hans poursuit son ascension avec la même honnêteté et la même humilité. « Mon père m'a appris à respecter les autres, à être toujours droit et à l'écoute des autres. Ces valeurs m'ont construit et m'ont permis de grandir. En tant que moniteur de golf, ce sont des qualités nécessaires, avec la patience et l'envie de transmettre. »
Pendant ces dix dernières années, Hans a rencontré des joueurs du monde entier venus vivre l’expérience du golf au Paradis Beachcomber. « Ils viennent ici pour la beauté et la technicité du parcours – un 18 trou par 72 – sur près de 6 km de green entre le lagon et la montagne du Morne Brabant. Mais aussi pour retrouver le sourire, la simplicité et la fidélité des Artisans mauriciens. Ils aiment savoir qu’ils vont nous retrouver d’une année sur l’autre ! », sourit Hans.
En tant qu’enseignant, il ne se contente pas de donner « juste » une leçon. Son métier c’est d’enseigner à chacun et à tous. « J’adapte mon enseignement à chaque élève. Celui qui ne sait pas, je lui apprends à faire des approches, à jouer avec le drive… J’ai même réussi à faire jouer un client gaucher en droitier. En devenant droitier, il s’est senti être vraiment dans la peau d’un golfeur ! C’est une vraie satisfaction ».
Quant aux moniteurs, eux aussi continuent de se perfectionner. « Dominique Larretche, notre consultant à l’Académie, nous enseigne régulièrement de nouvelles choses, comme la morphologie et la motricité, pour enrichir notre approche avec les élèves. Un bon moniteur a une méthode. Un excellent moniteur a plusieurs méthodes ! C’est ce que j’ai appris de plus précieux. »













