Inauguré ce mardi 24 mars à Ocean’s Creek Hotel, le Mauritius Art and Culture Investment Summit (MACIS) marque une étape décisive dans l’ambition de Maurice de se positionner comme hub régional de l’investissement artistique et culturel. Entre vision gouvernementale, dynamique internationale et émergence d’une nouvelle génération de collectionneurs, l’art s’impose désormais comme un levier économique à part entière.
L’art, un actif refuge face aux incertitudes économiques
D’emblée, la ministre des Services financiers et de la Planification économique, Jyoti Jeetun, a posé le cadre : dans un contexte global marqué par l’instabilité, les investisseurs se tournent vers des valeurs refuges.
« L’investissement dans les métaux précieux comme l’or ou l’argent a fortement augmenté. Mais l’art s’impose désormais comme une classe d’actifs capable de résister à l’inflation et à la volatilité », a-t-elle souligné.
Au-delà de sa dimension financière, l’art introduit une variable singulière : l’émotion. « Une œuvre peut déclencher une décision d’investissement en quelques secondes, simplement par la connexion émotionnelle qu’elle crée », a insisté la ministre, évoquant une véritable « histoire d’amour » entre l’acquéreur et l’œuvre.
Maurice, futur hub entre Afrique, Asie et Moyen-Orient
Située au carrefour stratégique de plusieurs régions, Maurice dispose d’atouts structurels pour développer cet écosystème. Avec près de 5 000 millionnaires internationaux installés sur l’île, un secteur hôtelier haut de gamme en forte croissance et une attractivité touristique confirmée, le terrain est favorable.
L’art apparaît ainsi comme un prolongement naturel de cette montée en gamme. « Il permet de renforcer les liens entre tourisme, culture et investissement », a indiqué la ministre, soulignant la multiplication des galeries dans les zones touristiques.
MACIS : structurer un écosystème encore émergent
À l’initiative de Zaahira Muthy, fondatrice de ZeeArts, le MACIS s’inscrit dans la continuité du Mauritius International Art Fair, avec une ambition élargie : faire de l’investissement culturel un moteur de développement durable.
« L’art est profondément lié à l’identité, à l’héritage et à la culture. C’est cette dimension que nous voulons valoriser auprès des investisseurs », a-t-elle expliqué.
Elle a également mis en avant des initiatives concrètes, comme l’exposition United for Climate à l’Atelier du Tamarin Golf Club, réunissant des artistes de Seychelles, Madagascar, Comores ou encore Rodrigues, autour de créations issues de matériaux recyclés.
Quand l’art rencontre l’ESG
C’est précisément cette dimension d’impact qu’a soulignée Emma Tong, Marketing and Sustainability Manager d’Ocean’s Creek, hôte de la conférence, lors de son intervention marquante.
« Je me souviens d’un moment où j’ai réalisé quelque chose de puissant… L’art n’est plus seulement quelque chose que l’on admire — c’est quelque chose qui nous fait ressentir, et finalement agir.
Parce que l’ESG ne concerne pas uniquement des cadres ou des chiffres. Il s’agit de personnes, d’histoires et de connexions.
Les artistes ont cette capacité unique de traduire des réalités complexes en émotions que nous comprenons.
Si nous voulons que l’ESG ait un réel impact, nous devons laisser une place à ceux qui nous font ressentir. Car lorsque les gens ressentent… ils agissent. »
Une prise de parole qui renforce l’idée que lարվեստ peut devenir un catalyseur d’engagement, au-delà de sa valeur marchande.-
Quand l’art rencontre l’ESG
C’est précisément cette dimension d’impact qu’a soulignée Emma Tong lors de son intervention marquante.
« Je me souviens d’un moment où j’ai réalisé quelque chose de puissant… L’art n’est plus seulement quelque chose que l’on admire — c’est quelque chose qui nous fait ressentir, et finalement agir.
Parce que l’ESG ne concerne pas uniquement des cadres ou des chiffres. Il s’agit de personnes, d’histoires et de connexions.
Les artistes ont cette capacité unique de traduire des réalités complexes en émotions que nous comprenons.
Si nous voulons que l’ESG ait un réel impact, nous devons laisser une place à ceux qui nous font ressentir. Car lorsque les gens ressentent… ils agissent. »
Une prise de parole qui renforce l’idée que l’art peut devenir un catalyseur d’engagement, au-delà de sa valeur marchande.
Un marché mondial en croissance, mais encore dominé
Selon les données évoquées par Nanda Narrainen, le marché mondial de l’art a atteint près de 59,6 milliards d’euros, en hausse de 4 %. Les ventes publiques ont progressé de 9 %, tandis que les ventes privées ont reculé.
Le marché reste toutefois concentré : les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine représentent à eux seuls 76 % des transactions. L’Afrique, elle, ne pèse encore que 1 à 2 %, révélant un potentiel considérable.
L’exemple du Moyen-Orient et des grandes maisons
Intervenant à distance, Mégane Kelly-Horstman, directrice liée à Christie’s, a évoqué la montée en puissance du Moyen-Orient comme hub artistique.
Des événements internationaux tels que Art Basel et l’expansion de grandes foires à Abu Dhabi illustrent cette dynamique. Elle souligne également l’évolution des profils d’acheteurs : plus jeunes, plus diversifiés et souvent motivés par un mélange de passion et de stratégie patrimoniale.
Investir dans l’art, c’est soutenir tout un écosystème
Pour Charles Al-Sidaoui, fondateur de Yes Collection, l’acte d’achat dépasse largement la logique financière.
« Acheter une œuvre, c’est soutenir toute une chaîne : artistes, galeries, curateurs, institutions. C’est un investissement culturel autant qu’économique. »
Il rappelle également l’émergence d’une nouvelle génération de collectionneurs, notamment en Afrique, où l’âge moyen peut descendre jusqu’à 19 ans — un signal fort pour l’avenir du marché.
Vers une stratégie nationale de l’investissement artistique
Le message est clair : Maurice entend structurer un véritable écosystème autour de l’art, combinant politiques publiques, incitations fiscales, infrastructures et collaborations internationales.
« Nous devons réimaginer l’art non seulement comme une expression culturelle, mais comme un investissement alternatif », a conclu la ministre.
Avec le MACIS, l’île amorce ainsi une transformation stratégique : faire de la créativité un moteur économique, et de l’art un pilier de son positionnement international.
MACIS 2026: Mauritius Positions Art as a Strategic Investment Asset
Launched on Tuesday, March 24 at Ocean’s Creek Hotel, the Mauritius Art and Culture Investment Summit (MACIS) signals a decisive step in Mauritius’ ambition to establish itself as a regional hub for art and cultural investment. At the intersection of finance, creativity, and global capital, art is now emerging as a fully-fledged asset class.
Art as a hedge against economic uncertainty
Opening the summit, Jyoti Jeetun, Minister of Financial Services and Economic Planning, framed the discussion within today’s volatile economic landscape.
“Investment in precious metals such as gold and silver has increased significantly, as investors seek safe havens. But art is also proving to be resilient against inflation and market volatility,” she noted.
Beyond financial returns, art introduces a unique dimension: emotional value. “An artwork can trigger an investment decision within seconds, purely through emotional connection,” she added, describing art investment as “a love story” between collector and creation.
Mauritius at the crossroads of global art flows
Strategically located between Africa, Asia, and the Middle East, Mauritius is well positioned to capture emerging art investment flows.
With nearly 5,000 high-net-worth individuals residing on the island, a booming luxury hospitality sector, and a strong tourism appeal, the ecosystem is already conducive to growth.
Art, in this context, becomes a natural extension of Mauritius’ premium positioning—strengthening synergies between tourism, culture, and finance.
MACIS: building a structured creative economy
Initiated by Zaahira Muthy, founder of ZeeArts, MACIS builds on the success of the Mauritius International Art Fair while expanding its scope to investment and policy.
“The emotional, cultural, and identity-driven dimensions of art are central to its value,” she emphasized.
She also highlighted ongoing initiatives such as the United for Climate exhibition at Tamarin Golf Club, bringing together artists from Seychelles, Madagascar, Comoros, Rodrigues and beyond, showcasing works created from recycled and repurposed materials.
When art drives ESG impact
This intersection was powerfully captured by Emma Tong, Marketing and Sustainability Manager of Ocean’s Creek, host of the conference:
“I remember sitting there, realizing something powerful…
Art is no longer just something we admire — it’s something that makes us feel, and ultimately, act.
Because ESG is not only about frameworks or numbers.
It’s about people, stories, and connection.
And artists have this unique ability to translate complex realities into emotions we understand.
So my takeaway is simple:
If we want ESG to truly create impact, we must give space to those who make us feel it.
Because when people feel… they act.”
Her intervention underscores a key shift: art is not only an asset—it is a driver of behavioral change and societal engagement.
A growing global market with untapped African potential
According to insights shared by Nanda Narrainen, the global art market reached approximately €59.6 billion, growing by 4%.
Public auction sales increased by 9%, while private sales declined by 15%. However, the market remains highly concentrated, with the United States, the United Kingdom, and China accounting for 76% of global transactions.
Africa, by contrast, represents only 1–2%—highlighting a significant growth opportunity.
Lessons from the Middle East’s rise
Joining remotely, Mégane Kelly-Horstman from Christie’s pointed to the rapid rise of the Middle East as a global art hub.
Major events such as Art Basel and the expansion of international fairs into Abu Dhabi reflect increasing investor interest. She also noted a shift in collector demographics—towards younger, more globally connected buyers blending passion with strategic investment.
Investing in art means investing in an ecosystem
For Charles Al-Sidaoui, founder of Yes Collection, art acquisition goes far beyond financial logic.
“Buying art supports an entire ecosystem—from artists and galleries to curators and institutions. It’s as much a cultural investment as it is a financial one.”
He also emphasized the rise of a new generation of collectors, particularly in Africa, where the average age can be as low as 19—signaling a dynamic and forward-looking market.
Towards a national art investment strategy
The message from MACIS is clear: Mauritius aims to develop a comprehensive ecosystem around art investment, combining public policy, fiscal incentives, infrastructure, and international partnerships.
“We must reimagine art not only as cultural expression, but as an alternative investment class,” concluded Minister Jeetun.
With MACIS, Mauritius is laying the foundation for a new economic narrative—where creativity meets capital, and culture becomes a strategic asset.













