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Agriculture bio : s’enraciner dans la terre avec Pasha Peerun

À Petit Verger, loin du tumulte urbain, Pasha Peerun cultive bien plus que des légumes. Dans ce petit coin de verdure, cet enfant de Moka a choisi de renouer avec une passion née dans son enfance : travailler la terre, au rythme de la nature. Aujourd’hui, il produit des légumes biologiques qu’il livre dans la région de Moka et propose chaque samedi matin à Cap Tamarin.

Originaire de Moka, Pasha garde le souvenir d’une enfance entourée de rivières, de montagnes et de champs de canne à sucre. Fils d’un agronome et d’une mère enseignante passionnée de jardinage, il découvre très tôt le plaisir de planter et de voir pousser. Une évidence s’installe : il ne se voit pas passer sa vie entre quatre murs.

Du paysagisme à l’agriculture

Son parcours commence par un stage à l’Herbier de Maurice, à Réduit, qui lui permet d’approfondir ses connaissances botaniques et de découvrir les espèces endémiques de l’île. Puis vient l’Australie, où il étudie pendant deux ans le paysagisme à Melbourne, tout en suivant une formation à distance auprès de la Royal Horticultural Society.

De retour à Maurice, Pasha travaille dans le paysagisme et les pépinières, notamment à Médine et au Golf Tamarina. Après plusieurs années d’expérience et une période comme indépendant, il revient progressivement à ce qui l’attire depuis toujours : cultiver ses propres légumes.

Il a longtemps entretenu un potager personnel et partagé ses récoltes avec son entourage. Les réactions enthousiastes de ses proches finissent par lui donner l’idée d’en faire une activité professionnelle.

L’occasion se présente lorsqu’une voisine lui propose de s’occuper d’un terrain laissé en friche. Pasha le loue et décide d’y développer un projet d’agriculture biologique. Le terrain demande un important travail de débroussaillage, mais il sait déjà ce qu’il veut : une serre capable de protéger ses cultures et de créer un environnement plus stable.

Nourrir la terre avant de nourrir les hommes

Plutôt que de faire appel à des ouvriers, Pasha met à profit les compétences acquises au fil de son parcours et construit lui-même sa serre, avec l’aide de quelques amis. Deux années seront nécessaires pour achever la structure.

Son approche repose d’abord sur la santé du sol. Compost et fumier, associés à des matières végétales, permettent de nourrir progressivement la terre et les organismes qui y vivent. « L’impact ne se fait que sur le long terme », explique-t-il.

Le paillage joue également un rôle essentiel : il limite les mauvaises herbes, conserve l’humidité et protège les plantations des variations climatiques. Pasha pratique aussi le jardinage sans bêchage, en déposant compost et fumier directement à la surface du sol afin de préserver son écosystème.

Cette philosophie produit des légumes sains et savoureux, mais surtout un véritable équilibre naturel. « On crée un écosystème où toutes les espèces peuvent bénéficier de la démarche, qu’il s’agisse des hommes, des insectes ou des oiseaux. »

Pour Pasha, l’agriculture biologique est finalement autant une manière de cultiver qu’une manière de vivre. Travailler au grand air, près d’une rivière, lui procure une satisfaction physique et mentale. Sur un terrain qu’il possède au Val, il prépare déjà la prochaine étape : planter des arbres fruitiers, créer un verger et, un jour, s’y installer à plein temps.

Les légumes de Pasha Peerun sont disponibles chaque samedi à Cap Tamarin. Il est également possible de le contacter directement pour les livraisons dans la région de Moka.

Organic Farming: putting down roots with Pasha Peerun

In Petit Verger, away from the bustle of the city, Pasha Peerun cultivates more than vegetables. In this small patch of green, this native of Moka has returned to a passion that began in childhood: working the land and living in tune with nature. Today, he grows organic vegetables that he delivers around Moka and sells every Saturday morning at Cap Tamarin.

Growing up in Moka, Pasha remembers a childhood surrounded by rivers, mountains and sugar-cane fields. His father was an agronomist and his mother, a teacher with a passion for gardening, introduced him early to the pleasure of planting and watching things grow. Even then, one thing was clear: he could not imagine spending his life behind four walls.

From landscaping to farming

His professional journey began with an internship at the Herbier de Maurice in Réduit, where he deepened his botanical knowledge and discovered many of the island’s endemic species. Then came Australia, where he studied landscaping for two years in Melbourne, while also completing a distance-learning course with the Royal Horticultural Society.

Back in Mauritius, Pasha worked in landscaping and nurseries, including at Médine and Golf Tamarina. After several years of experience, including a period as an independent landscaper, he gradually returned to what had always attracted him: growing his own vegetables.

He had long maintained a vegetable garden at home, sharing his produce with friends and neighbours. Their enthusiastic response eventually encouraged him to turn his passion into a professional activity.

The opportunity came when a neighbour asked him to take care of a neglected plot of land. Pasha leased it and decided to develop an organic farming project there. The site required extensive clearing, but he already had a clear vision: a greenhouse that would protect his crops and create a more stable growing environment.

Feeding the soil before feeding people

Rather than bringing in outside workers, Pasha drew on the skills he had acquired throughout his career and built the greenhouse himself, with the help of a few friends. It took two years to complete.

His approach begins with the health of the soil. Compost and manure, combined with plant matter, gradually nourish the earth and the organisms living within it. “The impact only comes in the long term,” he explains.

Mulching is equally important. It limits weeds, retains moisture and helps protect crops from changing weather conditions. Pasha also practises no-dig gardening, placing compost and manure directly on the surface rather than disturbing the soil and its delicate ecosystem.

The result is healthy, flavourful vegetables, but also a living, balanced environment. “You create an ecosystem where every species can benefit, whether it is people, insects or birds.”

For Pasha, organic farming is ultimately as much a way of life as it is a way of growing food. Working outdoors, beside a river, gives him both physical and mental satisfaction. On a plot he owns in Le Val, he is already preparing the next chapter: planting fruit trees, establishing an orchard and, eventually, making the move there full-time.

Pasha Peerun’s vegetables are available every Saturday at Cap Tamarin. He also delivers directly in the Moka area.

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