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Ile Durable

Sur l’îlot Vacoas, les geckos sont de retour cinq ans après le drame du Wakashio

November 9, 6:58 pm

Sur un îlot rocheux au large du sud-est de Maurice, la vie reprend discrètement ses droits. De minuscules geckos viennent d’éclore sur l’îlot Vacoas, (îlot situé entre l’île de La Passe et l’île aux Fouquets) marquant un moment historique : cinq ans après avoir été transférés au Jersey Zoo, ces reptiles endémiques retrouvent enfin leur terre natale.
L’information, rapportée par le BBC World Service, résonne comme une belle victoire pour la biodiversité mauricienne.

Un sauvetage né d’une urgence écologique

En juillet 2020, la marée noire provoquée par le naufrage du MV Wakashio avait menacé d’effacer l’espèce de la carte. Sur place, Nik Cole, expert britannique en geckos travaillant pour le Durrell Wildlife Conservation Trust, et son collègue mauricien Deepak Ramjeeawon, du National Parks and Conservation Service, avaient alors pris une décision cruciale : sauver d’urgence les rares lesser night geckos (Nactus coindemirensis), minuscules créatures nocturnes vivant uniquement sur quelques îlots du lagon mauricien.

« Je savais qu’il fallait en sortir quelques-uns de l’île », se souvient Nik Cole, cité par la BBC.

Les deux hommes avaient alors parcouru Ilot Vacoas et les îlots voisins, collectant 30 geckos à peine visibles à l’œil nu, qu’ils ont mis à l’abri à Maurice avant de les transférer en avion privé vers le Jersey Zoo, où se trouve l’une des meilleures installations au monde pour les reptiles menacés.

Un retour symbolique et porteur d’espoir

Cinq ans plus tard, le cycle se referme : 57 œufs issus de cette population d’assurance ont été renvoyés à Maurice, dans leur habitat d’origine. Selon Durrell.org, les œufs ont voyagé de Jersey à Londres Heathrow, puis à Maurice, dans un caisson maintenu entre 20 et 25 °C pour garantir leur survie.

À leur arrivée, l’équipe mauricienne a constaté un taux d’éclosion remarquable de 88 %, signe que l’espèce s’adapte bien à ce retour progressif dans la nature.

Pour Deepak Ramjeeawon, « ce n’est pas seulement une réussite pour les geckos, mais pour l’écosystème tout entier ». Nik Cole ajoute : « Retirer une seule espèce, et c’est tout le système qui s’effondre. Plus nous pouvons restaurer, mieux c’est pour l’homme. »

La nature en reconstruction

L’opération, menée conjointement par le Durrell Wildlife Conservation Trust, la Mauritian Wildlife Foundation et le National Parks and Conservation Service, s’inscrit dans un programme plus large de restauration des îlots coralliens de Maurice. Ces petits territoires, longtemps oubliés, abritent certaines des espèces les plus rares au monde — et leur équilibre fragile dépend de la survie de créatures aussi discrètes que ces geckos.

À l’échelle planétaire, cette réintroduction représente bien plus qu’un simple retour à la nature : c’est une leçon d’humilité. Dans l’océan Indien, sur quelques rochers battus par les vents, l’histoire d’un petit lézard rappelle qu’aucune vie n’est trop petite pour compter.

Sources:

🦎 The Return of the Geckos: A New Beginning on Îlot Vacoas

On a rocky islet off the south-east coast of Mauritius, life is quietly finding its way back. Tiny geckos are hatching on Îlot Vacoas (an islet situated between Île de La Passe and Île aux Fouquets), marking a symbolic homecoming: five years after being relocated to Jersey Zoo, these endemic reptiles are finally returning to their native land.
As reported by the BBC World Service, the moment stands as a powerful symbol of resilience and restoration for the island’s fragile biodiversity.

A rescue born of an ecological crisis

In July 2020, the oil spill caused by the MV Wakashio disaster threatened to wipe out the entire species. On the ground, Nik Cole, a British gecko expert from the Durrell Wildlife Conservation Trust, and his Mauritian colleague Deepak Ramjeeawon, from the National Parks and Conservation Service, decided to act. Their mission: save the rare lesser night geckos (Nactus coindemirensis), tiny nocturnal creatures that exist only on a handful of Mauritian islets.

“I knew we had to get some off the island,” recalls Nik Cole, quoted by the BBC.

Together, the two men combed Îlot Vacoas and the surrounding islets, collecting 30 geckos—each barely the length of a human finger. The rescued reptiles were first kept safely in Mauritius, then flown by private jet to Jersey Zoo, home to one of the world’s leading reptile conservation facilities.

Five years later, the circle is complete: 57 gecko eggs—descendants of that rescued population—have been brought back to Mauritius. According to Durrell.org, the eggs travelled from Jersey to London Heathrow and on to Mauritius, in temperature-controlled cases kept between 20 and 25 °C.

Upon arrival, Mauritian conservationists observed a remarkable 88% hatching success rate, confirming that the species is ready to thrive once again in its natural habitat.
“This isn’t just a success for the geckos, it’s a success for the entire ecosystem,” explains Deepak Ramjeeawon.
Nik Cole adds: “Remove one species and the system starts to crumble. The more we can restore, the better it is for humans.”

Rebuilding nature, one islet at a time

The operation—led by the Durrell Wildlife Conservation Trust, the Mauritian Wildlife Foundation, and the National Parks and Conservation Service—is part of a broader effort to restore Mauritius’s offshore islets. These small, windswept fragments of land are home to some of the rarest species on the planet. Their survival depends on the balance of an intricate web of life—one that can collapse if even the smallest creature disappears.

Across the Indian Ocean, this reintroduction is more than a conservation milestone. It’s a story of resilience, cooperation, and hope. On a few sun-bleached rocks surrounded by turquoise waters, a tiny gecko reminds us that no life is too small to matter.

Sources:

Ile Durable
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