Cette année, en raison des aléas du calendrier, le Salon de Mai a pris ses quartiers seulement en début du mois de juin. Pour autant, l’enthousiasme et l’intérêt qui lui sont habituellement attribués n’a pas diminué. Cette exposition annuelle, qui réunit des artistes de divers horizons et médiums, émergents ou confirmés, est sans aucun doute l’un des événements artistiques les plus attendus de l’année à Maurice. Cette fois-ci, sous le thème d’« Ekspresyon Morisien », le salon propose une rencontre singulière au cœur de la richesse culturelle et artistique de l’île, tout en proposant des questionnements et des pistes de réflexions autour du mauricianisme.
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Vashish Jaunky
L’expression mauricienne comme thème central s’est révélée être un choix évocateur, offrant une plateforme pour des œuvres à la fois revendicatrices, sociopolitiques et ingénieusement ancrées dans les nombreuses racines de la culture locale. Les visiteurs sont accueillis par une profusion de créations qui abordent l’identité, l’âme et le patrimoine de l’île ainsi que les divers autres territoires qui nourrissent son histoire. Une certaine énergie émane de chaque pièce, que ce soit à travers les peintures, les sculptures ou les installations contemporaines. Le curateur de l’exposition laisse le choix à chacun de trouver quelque chose pour s’inspirer, se réveiller, ou même se révolter.
En effet, les artistes exposés ne déçoivent pas. Leurs créations offrent des interprétations innovantes sur des sujets d’actualité, ainsi que des réflexions sur des enjeux sociaux et des récits plus personnels. L’exposition rend également hommage à des figures artistiques du passé, telles que Dev Virahsawmy, dont les idées sur l’autosuffisance alimentaire continuent d’inspirer et d’influencer les générations actuelles d’artistes. Une œuvre de Roger Charoux, décédé l’année précédente, est également exposée, témoignage de son impact durable sur la scène artistique mauricienne. Ainsi, le Salon de Mai se fait à la fois conteur du passé et porteur d’avenir.
À côté des noms familiers de la scène locale, comme Ismet Ganti, Deepa Bauhadoor, Jocelyn Thomasse, Dev Chooramun et Arvin Ombika, de nouveaux talents se distinguent, apportant des perspectives fraîches et novatrices à l'exposition. En explorant diverses approches artistiques, allant de l'activisme à l'esthétisme pur, le salon arrive à offrir une expérience riche et diversifiée, reflétant la réalité contemporaine et l’histoire de Maurice à travers une multitude de prismes.
Il faut aussi souligner l’excellence des Beaux-Arts du MGI de Moka en tant qu’hôte de cet événement culturel et artistique majeur, car en son sein le Salon de Mai arrive avec brio à offrir une expérience immersive qui incite à la contemplation et la réflexion. En somme, cette nouvelle édition du Salon de Mai se révèle être une célébration vibrante de l’expression artistique mauricienne, capturant la fécondité de la scène artistique de l’île, tout en s’affirmant comme une référence artistique et culturelle. Cependant, une seule visite ne suffira peut-être pas à absorber, assimiler et appréhender tout ce que l’exposition offre. Heureusement, l’entrée est gratuite et ouverte à tous jusqu’au 15 juin 2024, permettant à chacun de revenir et de plonger plus profondément dans ce festival de créativité.
Salon de Mai 2024: Mauritianism through the prism of art
This year, due to the vagaries of the calendar, the Salon de Mai only took place at the beginning of June. Nevertheless, the enthusiasm and interest that are usually attributed to it have not diminished. This annual exhibition, which brings together artists from various backgrounds and mediums, both emerging and established, is undoubtedly one of the most eagerly awaited artistic events of the year in Mauritius. This time, under the theme of ‘Ekspresyon Morisien’, the exhibition offers a unique encounter at the heart of the island’s cultural and artistic richness, while at the same time raising questions and providing food for thought about Mauritianism.
Mauritian expression as the central theme proved to be an evocative choice, offering a platform for works that are at once assertive, socio-political and ingeniously rooted in the many roots of local culture. Visitors are greeted by a profusion of creations that address the identity, soul and heritage of the island, as well as the various other territories that nourish its history. A certain energy emanates from each piece, whether in the form of paintings, sculptures or contemporary installations. The exhibition’s curator leaves it up to everyone to find something to be inspired by, that awakes them or even provokes revolt.
Indeed, the artists exhibiting do not disappoint. Their creations offer innovative interpretations of topical issues, as well as reflections on social issues and more personal narratives. The exhibition also pays tribute to artistic figures from the past, such as Dev Virahsawmy, whose ideas on food self-sufficiency continue to inspire and influence current generations of artists. A work by Roger Charoux, who died the previous year, is also on display, a testament to his lasting impact on the Mauritian art scene. In this way, the Salon de Mai is both a storyteller of the past and a harbinger of the future.
Alongside familiar names on the local scene, such as Ismet Ganti, Deepa Bauhadoor, Jocelyn Thomasse, Dev Chooramun and Arvin Ombika, new talents stand out, bringing fresh and innovative perspectives to the exhibition. By exploring diverse artistic approaches, from activism to pure aestheticism, the show manages to offer a rich and diverse experience, reflecting the contemporary reality and history of Mauritius through a multitude of prisms.
The excellence of the Beaux-Arts du MGI in Moka as host of this major cultural and artistic event must also be underlined, as the Salon de Mai brilliantly manages to offer an immersive experience that encourages contemplation and reflection. All in all, this latest edition of the Salon de Mai is a vibrant celebration of Mauritian artistic expression, capturing the fertility of the island’s art scene while establishing itself as an artistic and cultural benchmark. However, a single visit may not be enough to absorb, assimilate and apprehend all that the exhibition has to offer. Fortunately, admission is free and open to all until 15 June 2024, allowing everyone to return and dive deeper into this festival of creativity.













