C’est un titre qu’elle voulait à tout prix et elle l’a conquis de façon fort brillante ! Petite par sa taille mais grande par son talent, c’est une Shani Ramasawmy très déterminée qui fait l’unanimité du jury pour cette sixième édition du concours de Meilleur Sommelier de Maurice 2022 qui s’est déroulé au Caudan Arts Centre le 17 août dernier. Arrivée deuxième pour sa première participation en 2019, elle n’avait eu depuis que cette idée fixe en tête : devenir le meilleur sommelier de Maurice. Un désir réalisé au bout de gros efforts et de sacrifices personnels.
« En 2019, c’était ma première participation et bien que j’y sois allée sans grande préparation, j’ai tout de même fini deuxième. Je travaillais alors chez Bacchanale et j’avais certes une très bonne formation mais il me manquait le côté service. Maintenant que je suis chez Constance, j’ai comblé ce manque. Après, le plus important, c’est l’énorme travail que j’ai abattu sans relâche : je me suis entraîné tous les jours avec toutes mes équipes et les gens qui m’ont encouragée », nous confiait-elle après le sacre et ses instants d’intense émotion.
Shani nous fait comprendre aussi que cela prend énormément de temps si on veut vraiment maîtriser des connaissances spécifiques sur toutes les régions viticoles, les cuvées, les terroirs sans compter les dégustations nécessaires pour vraiment arriver au sommet de sa forme pour la compétition. « Il fallait que cela reste un plaisir sinon ce n’était pas possible ». Revenant sur le concours, elle avoue que le questionnaire de la demi-finale était pointu. « Puis il y a eu le piège du vin bouchonné où j’ai eu un doute, mais après je me suis concentré pour réussir l’épreuve ». Après ce couronnement tant mérité, elle souhaite former les jeunes au sein de l’académie de Constance afin de préparer l’avenir et aussi de se préparer pour des concours à l’international.
La consécration de Shani est révélatrice de l’ambition des jeunes d’aujourd’hui selon Jérôme Faure, président de l’Association des sommeliers de l’île Maurice qu’il a lancée il y a douze de cela. « Nous assistons à une véritable envolée de la sommellerie mauricienne. On commence à avoir de la bouteille et je suis fier de voir les gens atteindre l’excellence. Ça fait plaisir de voir de plus en plus de jeunes s’intéresser à ce métier et le concours est un vrai booster en cela », déclare-t-il.
Selon lui, on cherche des sommeliers dans le monde entier et les sommeliers mauriciens ont vraiment la cote. « On commence à être connu et cette compétition y est pour beaucoup », assure Jérôme. « Je note aussi que les hôtels à Maurice accordent désormais beaucoup d’importance à leur carte de vins et il faut des sommeliers pour gérer tout cela. C’est bien pour la profession ».
Pour en revenir à la compétition, celle-ci s’est déroulée en deux étapes. Une première partie avec six demi-finalistes dont seulement trois ont été retenus pour la finale : Noël Jean Desvaux, Jaisen Pandoo et Shani Ramasawmy. Il s’agissait d’une épreuve écrite, de six cépages à reconnaître, d’un atelier de dégustation, d’un menu d’accompagnement, d’un contrôle d’une livraison et d’un atelier sur la dimension écologique.
En revanche, pour la finale, six ateliers étaient au programme :
- La connaissance de deux eaux italiennes (aqua Panna et San Pellegrino) et des propositions d’accompagnement de plat. Une épreuve qui s’est déroulée en anglais.
- La dégustation organoleptique de deux vins et des propositions d’accompagnement.
- Passer en revue deux cartes de vins, blanc et rouge et repérer les erreurs qui y étaient malicieusement glissées.
- Reconnaissance du terroir et des crus correspondants.
- Proposition d’accompagnement d’un menu et service d’une bouteille offerte (La Spinetta Barbaresco Starderi 2006) aux clients, en apéritif. Il fallait exécuter la décantation selon le cérémonial consacré.
- Identification de 8 spiritueux.
À noter que le jury était présidé par David Biraud, Meilleur Sommelier de France 2002, Meilleur Ouvrier de France en Sommellerie 2004, trois fois finaliste du concours de Meilleur Sommelier d’Europe (2e en 2010 et 2013 et 3e en 2017) et deux fois finaliste du concours de Meilleur Sommelier du Monde (3e en 2010 et 2e en 2016).
Shani Ramasawmy, Best Sommelier 2022 in Mauritius
It is a title she wanted by hook or by crook, and she did conquer it brilliantly! Small in size but big in talent, Shani Ramasawmy was very determined and won the jury’s unanimous approval for this sixth edition of the Mauritius Best Sommelier 2022 competition which took place at the Caudan Arts Centre on 17th August. Coming out second at her first participation in 2019, she had only had one obsession: become the best sommelier in Mauritius. A wish comes true after tremendous effort and personal sacrifice.
« In 2019, as it was my first participation, I did not have much preparation, but I nevertheless came out second. I was working at Bacchanale at that time and I certainly had very good training but what I lacked was the service aspect. Now that I am at Constance, I have remedied this shortfall. But, above all, I had been working relentlessly, training and rehearsing every day with all my teams and the people who encouraged me », she confided to us after the emotional moments of her coronation.
Shani also explains that it is extremely time-consuming if you want to master specific knowledge such as all the wine regions, the vintages, the terroirs, not to mention the tastings that are essential to be at the top level for the competition. “It had to be fun, otherwise it was impossible to make it”. Going back to the competition, she admits that the questionnaire for the semi-final was tough. “Then there was this tricky moment with the corked wine; I was a little doubtful, then I concentrated and continued the test successfully”. Now that she has won this well deserved title, she wants to train young people at the Constance Academy, not only to pave the future but also to get ready for international competitions.
According to Jérôme Faure, President of the Mauritius Sommelier Association, which he launched twelve years ago, Shani’s crowning achievement, undoubtedly reveals young people’s ambition today. « We are witnessing a real boom in the world of Mauritian sommeliers. We are acquiring more and more experience and I am proud when people achieve excellence. It is great to see more young people getting interested in this profession and the contest has enormously contributed to this, » he says.
Jerôme Faure says that sommeliers are sought after all over the world and Mauritian sommeliers do have a good reputation. « We are getting to be known thanks to this competition,” says Jérôme. « I also notice that hotels in Mauritius attach more and more importance to their wine list, and it’s the sommeliers’ job to manage all this. That’s a good thing for the profession”.
Here is how the competition went. There were two stages, the first of which had six semi-finalists. It consisted of a written test, six grape varieties to identify, a tasting workshop, a side menu, a delivery checking and a workshop on the ecological dimension. Only three of the six candidates were selected for the final: Noël Jean Desvaux, Jaisen Pandoo and Shani Ramasawmy.
On the other hand, the final consisted of six workshops:
- The knowledge of two Italian waters (aqua Panna and San Pellegrino) and proposals for accompaniment dishes. The test was conducted in English.
- Organoleptic tasting of two wines and suggestions for pairing.
- Reviewing two wine lists, white and red, and identifying the voluntary errors mischievously left there.
- Recognition of the terroir and the corresponding wines.
- Proposal of a menu pairing and wine service from a special bottle (La Spinetta Barbaresco Starderi 2006) offered to the guests as an aperitif. It had to be decanted according to the decanting ceremonial.
- Identification of 8 spirits.
The jury was chaired by David Biraud, Best Sommelier of France 2002, Best Sommelier of France 2004, three times finalist of the Best Sommelier of Europe competition (2nd in 2010 and 2013 and 3rd in 2017) and twice finalist of the Best Sommelier of the World competition (3rd in 2010 and 2nd in 2016).













