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Meilleur village touristique 2021 de l’OMT, Grand Port au parfum d’antan

Véritable musée à ciel ouvert, Grand Port raconte l’histoire des premiers hommes à avoir occupé l’île.

Niché au pied de la montagne Lion, sur la côte sud-est, Grand Port, est un petit village dont l’histoire a commencé il y a 423 ans. Le village qui vient d’être classé sur la liste des « meilleures villages touristiques du monde 2021 » par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), est riche de son histoire et dispose d’un patrimoine culturel important. Une visite dans ce village au charme discret et paisible nous permet de mieux comprendre le choix de l’OMT.

Véritable musée à ciel ouvert, Grand Port raconte l’histoire des premiers hommes à avoir occupé l’île. Le 20 septembre 1598, c’est à Ferney que les premiers Hollandais posent le pied sur l’île mais ils ne l’occupèrent qu’en 1638. Un monument commémoratif érigé en contrebas du pont Molino à Ferney rappelle le débarquement mais c’est à Grand Port, à quelques kilomètres de l’obélisque, que le passage des Hollandais est le plus visible au musée Frederik Henrik, inauguré en mai 1999.

Situé à côté de l’église Notre Dame du Grand Pouvoir, le musée qui expose les objets découverts lors des fouilles archéologiques menées en 1997, a été érigé au milieu des ruines qui constituent le berceau de l’histoire de Maurice. Les colons hollandais y construisirent un petit village avec des bâtiments en pierres. Découragés par la menace des esclaves marron, des nombreux cyclones, incendies et la peste, les Hollandais abandonnent l’île en 1710.

Tour des Hollandais

Les Français qui prirent possession de l’île en 1715 commencèrent à l’habiter à partir de 1721 et occupèrent les ruines de Grand Port et installèrent leurs propres constructions. Aujourd’hui les visiteurs peuvent se promener dans les ruines en appréciant la beauté du lieu tout en s’imprégnant de ce passé hautement historique. On peut y découvrir le mur le plus ancien de l’île ainsi que le four de la première boulangerie de l’île.

Parmi les autres monuments à découvrir, la Tour des Hollandais, situé peu avant le musée. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette tour fut en réalité un poste d’observation utilisé par les Français pour surveiller les tentatives d’invasions des Anglais principalement. Une autre attraction du lieu est le cimetière des Hollandais Si l’endroit est aujourd’hui à l’abandon, on peut quand même y admirer des tombes. La légende, selon certains habitants, voudrait que certaines abritent des trésors ayant appartenu aux Hollandais. Mais plus de 300 ans après, personne n’a osé aller vérifier.

Pendant la période française, le village est habité par quelques colons français et leurs esclaves qui travaillaient principalement dans les champs. Avec l’abolition de l’esclavage en 1835 après que les Anglais eurent pris possession de l’île en 1810, des immigrants indiens viennent s’ajouter à la communauté mais aussi quelques Chinois. C’est ainsi que le village de Grand Port accueilli sa première « laboutik sinoi ».

« Lamok délivré »,

 

Jean Wong Tak Chong, propriétaire de la seule et unique boutique chinoise du coin raconte « Mon grand-père est arrivé tout jeune à l’île Maurice. Il a d’abord commencé a travaillé comme commis dans une boutique à Mahébourg. Après avoir décroché le gros lot à la loterie, il a acheté une boutique à Grand Port. À l’époque la boutique était en tôle. Pour se ravitailler, il fallait que mon grand-père se rende à Port Louis une fois par mois. Il n’y avait pas de bus ou de voiture en ce temps-là, il s’y rendait en train ou par charrette. Comme les routes n’étaient pas praticables, il transportait toute la marchandise en pirogue de Mahébourg à ici, au débarcadère ».

 

Étant le seul commerce du coin à l’époque, la boutique avait de nombreuses fonctions comme snack, taverne, quincaillerie. Cet endroit était non seulement l’épicerie du coin mais était aussi un lieu de rencontre pour ses habitants. « Longtemps il régnait une autre ambiance au village. Les gens venaient s’approvisionner ici et au passage on profitait pour parler de notre quotidien. Certains en profitaient pour raconter leurs soucis. Je les aidais du mieux que je pouvais. Nous étions tous soudés, nous étions comme une famille. On s’entraidait. Mais aujourd’hui avec l’évolution, cet esprit, cette atmosphère que nous avions à l’époque est moins présente. Les enfants ne connaîtront jamais ce que nous avons vécu à cette période. Quand j’étais enfant, on jouait souvent à des jeux telle que « lamok délivré », « disel » ou encore à la marelle », se remémore Jean.

Pêche et agriculture

Longtemps à l’écart des grands développements du pays en raison d’un accès assez difficile (seule la route du littoral relie le village d’une part à Mahébourg et d’autre part à Flacq), Grand Port garde encore le cachet d’autrefois. Pendant des décennies, pour se rendre dans les villages avoisinants les villageois devaient faire le voyage à pied ou en pirogue. « Les routes n’étaient pas praticables dans les années soixante-dix, ce qui fait que de rares autobus desservaient le village. Pour aller à Port Louis, on allait plus vite en rendant à Mahébourg à pied ou par bateau. Ce n’est que vers les années quatre-vingt que la route a été aménagée permettant une meilleure circulation des véhicules », raconte Pascal, habitant de la région.

Loin des grandes villes et développements urbains, la pêche est aujourd’hui l’activité principale du village. On peut voir des pêcheurs travailler et s’occuper de leur petit bateau sur la côte. « Je suis né et j’ai grandi ici. Mon père était lui aussi pêcheur. À l’époque mon papa n’avait pas d’argent pour financer mes études, c’est donc comme ça que je suis devenu pécheur très tôt. Pour rien au monde je ne changerai de métier. J’adore mon village et la qualité de vie même si nous sommes souvent oubliés des politiciens et qu’il manque de développements », assure Pop, pêcheur et habitant du débarcadère.

Outre la pêche, les habitants vivent de l’agriculture. L’activité artisanale est aussi bien implantée et l’Association des Artisans et planteurs de Pandanus du Sud Est (AAPPSE) a permis de rassembler des femmes autour de la vannerie de Pandanus également appelé vacoas et celle du vétiver. L’atelier peut se visiter du lundi au vendredi. N’hésitez pas à a ajouter cet atelier et le village de Grand Port à l’agenda de votre prochaine sortie.

Grand Port named best tourist village 2021 by UNWTO

Nestled at the foot of Lion Mountain on the southeast coast, Grand Port is a small village whose history began 423 years ago. The village, which has just been listed as one of the « World’s Best Tourist Villages 2021 » by the World Tourism Organisation (UNWTO), is rich in history and has an important cultural heritage. A visit to this village with its discreet and peaceful charm allows us to better understand the choice of the UNWTO.

Grand Port is a real open-air museum that tells the story of the first men to occupy the island. On 20 September 1598, the first Dutchmen set foot on the island in Ferney, but they did not occupy it until 1638. A memorial erected below the Molino Bridge in Ferney commemorates the landing, but it is in Grand Port, a few kilometres from the obelisk, that the passage of the Dutch is most visible in the Frederik Henrik Museum, inaugurated in May 1999.

Located next to the church of Notre Dame du Grand Pouvoir, the museum, which exhibits objects discovered during archaeological excavations carried out in 1997, was built in the middle of the ruins that constitute the cradle of Mauritian history. The Dutch settlers built a small village with stone buildings. Discouraged by the threat of maroon slaves, numerous cyclones, fires and the plague, the Dutch abandoned the island in 1710.

Dutch Tower

The French, who took possession of the island in 1715, began to inhabit it from 1721 and occupied the ruins of Grand Port and installed their own buildings. Today, visitors can walk through the ruins and enjoy the beauty of the place while soaking up its highly historical past. The oldest wall on the island and the oven of the island’s first bakery can be found here.

Other monuments to discover include the Dutch Tower, located shortly before the museum. Contrary to what one might think, this tower was an observation post used by the French to monitor the attempted invasions of the English in particular. Another attraction of the place is the Dutch cemetery. Although the place is now abandoned, you can still admire the graves. Legend has it that some of them contain treasures that belonged to the Dutch. But more than 300 years later, no one has dared to check.

During the French period, the village was inhabited by a few French settlers and their slaves who worked mainly in the fields. With the abolition of slavery in 1835 after the British took possession of the island in 1810, Indian immigrants were added to the community as well as some Chinese. This is how the village of Grand Port received its first « laboutik sinoi ».

‘Lamok délivré’

Jean Wong Tak Chong, owner of the only Chinese shop in the area says « My grandfather came to Mauritius at a very young age. He first started working as a clerk in a shop in Mahebourg. After winning the lottery, he bought a shop in Grand Port. At that time the shop was made of tin. To get supplies, my grandfather had to go to Port Louis once a month. There were no buses or cars in those days, he went by train or by cart. As the roads were not passable, he transported all the goods by pirogue from Mahébourg to the landing stage here.

Being the only business in the area at the time, the shop had many functions such as a snack bar, tavern and hardware store. It was not only the local grocery shop but also a meeting place for its inhabitants. « For a long time, there was a different atmosphere in the village. People used to come here to buy supplies and we used to talk about our daily lives. Some people took the opportunity to talk about their worries. I helped them as best I could. We were all united, we were like a family. We helped each other. But today, with the evolution, this spirit, this atmosphere that we had at the time is less present. The children will never know what we experienced at that time. When I was a child, we often played games such as ‘lamok délivré’, ‘disel’ or even hopscotch, » Jean recalls.

Improved roads

For a long time, Grand Port has been isolated from the major developments of the country because of its difficult access (only the coastal road links the village to Mahébourg and Flacq). For decades, villagers had to make the journey to the neighbouring villages on foot or by pirogue. « The roads were not passable in the 1970s, so only a few buses were serving the village. To go to Port Louis, one could go faster by going to Mahébourg on foot or by boat. It was not until the 1980s that the road was improved to allow for better vehicle traffic, » says Pascal, a resident.

Far from the big cities and urban developments, fishing is now the main activity of the village. You can see fishermen working and looking after their small boats on the coast. « I was born and raised here. My father was also a fisherman. At that time my father had no money to pay for my education, so I became a fisherman at an early age. I wouldn’t change my job for anything in the world. I love my village and the quality of life, even though we are often forgotten by politicians and lack development, » says Pop, a fisherman and resident near the landing stage.

In addition to fishing, the inhabitants live from agriculture. Handicrafts are also well established and the Association des Artisans et planteurs de Pandanus du Sud-Est (AAPPSE) has brought women together to make Pandanus basketry, also called vacoas, and vetiver. The workshop can be visited from Monday to Friday. Do not hesitate to add this workshop and the village of Grand Port to the agenda of your next trip.

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