Après un début d’année encourageant, le secteur touristique mauricien montre des signes d’essoufflement. Une évolution qui pousse l’Association des Hôteliers et Restaurateurs de l’île Maurice à appeler à des mesures budgétaires immédiates et ciblées dans le cadre du Budget 2026-2027.
Des indicateurs en recul après un début prometteur
Les premiers mois de 2026 laissaient entrevoir une dynamique positive, avec une hausse des arrivées touristiques de 7,7 % en janvier et de 12,1 % en février. Mais la tendance s’est nettement ralentie en mars (+1,3 %), avant de montrer des signes plus préoccupants en avril.
Le taux d’occupation hôtelier a légèrement reculé, passant de 72 % à 70 %, tandis que les arrivées de passagers ont chuté de 3,1 % entre le 1er et le 22 avril. Une évolution qui, selon les professionnels, marque l’entrée dans une phase de vigilance accrue.
En toile de fond, plusieurs facteurs internationaux pèsent sur la demande : tensions géopolitiques au Moyen-Orient, hausse du coût du transport aérien et incertitudes économiques influençant les décisions de voyage. Pour une destination long-courrier comme Maurice, ces variables ont un impact direct sur la compétitivité.
Une stratégie en quatre axes pour soutenir le secteur
Face à cette conjoncture, l’AHRIM formule quatre propositions structurantes pour renforcer la résilience du tourisme mauricien.
- Rehausser l’expérience touristique et les standards de destination
L’association plaide pour une action coordonnée visant à améliorer l’expérience globale des visiteurs. Cela passe notamment par une meilleure transparence des prix, une visibilité accrue de l’information touristique dans les zones stratégiques et une promotion plus active des opérateurs licenciés.
L’AHRIM insiste également sur la nécessité de mieux valoriser les villages touristiques et les produits “Made in Moris”, tout en renforçant les outils de collecte de données et d’intelligence de marché, encore insuffisamment développés hors du secteur hôtelier.
- Soutenir le réinvestissement hôtelier
Pour préserver la qualité de l’offre, un ensemble de mesures est proposé afin d’encourager la rénovation des établissements. Parmi elles : réduction des loyers sur les terres de l’État, suspension de certaines charges durant les périodes de fermeture, incitations fiscales renforcées et facilitation de l’importation d’équipements.
L’objectif est clair : maintenir le positionnement premium de la destination en assurant la modernisation continue du parc hôtelier.
- Renforcer la visibilité internationale
Dans un environnement concurrentiel, la promotion de la destination devient un levier stratégique. L’AHRIM propose ainsi l’introduction d’une double déduction fiscale sur les dépenses de marketing international engagées par les opérateurs.
Cette mesure couvrirait les campagnes digitales, les partenariats avec compagnies aériennes et tour-opérateurs, ainsi que les actions de relations publiques et de promotion sur les marchés étrangers, en complément du travail de la Mauritius Tourism Promotion Authority.
- Protéger le littoral et renforcer la résilience environnementale
Enfin, l’association met l’accent sur l’urgence de protéger les côtes mauriciennes face à l’érosion et au changement climatique. Elle recommande d’étendre les সুবিধes fiscales existantes aux travaux de réhabilitation côtière : rechargement des plages, reconstruction des dunes, stabilisation du littoral et restauration des écosystèmes marins.
Un enjeu à la fois environnemental et économique, le littoral constituant un pilier essentiel de l’attractivité touristique de Maurice.
Un appel à des décisions rapides et pragmatiques
Pour l’AHRIM, ces propositions s’inscrivent dans une logique d’anticipation. Le tourisme demeure un moteur clé de l’économie mauricienne, générant emplois, devises et retombées dans de nombreux secteurs connexes.
Dans un contexte international incertain, l’enjeu est désormais d’agir rapidement pour préserver la compétitivité de la destination. Plus qu’un simple ajustement, c’est une stratégie globale que l’association appelle à mettre en œuvre — afin de consolider durablement l’un des piliers de l’économie nationale.
Tourism: AHRIM sounds the alarm ahead of the 2026–2027 Budget
After an encouraging start to the year, the Mauritian tourism sector is beginning to show signs of slowing down. This shift has prompted the Association of Hoteliers and Restaurateurs of Mauritius to call for immediate and targeted budgetary measures as part of the 2026–2027 Budget.
Indicators decline after a promising start
The first months of 2026 pointed to positive momentum, with tourist arrivals increasing by 7.7% in January and 12.1% in February. However, growth slowed markedly in March (+1.3%), before more concerning signals emerged in April.
Hotel occupancy rates edged down from 72% to 70%, while passenger arrivals fell by 3.1% between 1 and 22 April. According to industry stakeholders, this marks the beginning of a period of heightened vigilance.
Against this backdrop, several global factors are weighing on demand: geopolitical tensions in the Middle East, rising airfares, and economic uncertainty affecting travel decisions. For a long-haul destination such as Mauritius, these variables have a direct impact on competitiveness.
A four-pronged strategy to support the sector
In response, AHRIM has outlined four priority measures aimed at strengthening the resilience of Mauritian tourism.
1. Enhancing the tourist experience and destination standards
The association is calling for coordinated action to improve the overall visitor experience. This includes greater price transparency, improved visibility of tourist information in key areas, and stronger promotion of licensed operators.
AHRIM also highlights the need to better showcase tourist villages and “Made in Mauritius” products, while reinforcing data collection and market intelligence tools, which remain underdeveloped outside the hotel sector.
2. Supporting hotel reinvestment
To safeguard the quality of the offering, a series of measures is proposed to encourage hotel renovation. These include reduced rents on state-owned land, the suspension of certain fees during closure periods, enhanced tax incentives, and facilitated import procedures for equipment.
The objective is clear: to preserve the destination’s premium positioning through the continuous modernisation of its hotel infrastructure.
3. Boosting international visibility
In an increasingly competitive environment, destination marketing is a strategic lever. AHRIM is therefore proposing the introduction of a double tax deduction on international marketing expenditure incurred by licensed operators.
This would cover digital campaigns, partnerships with airlines and tour operators, as well as public relations and promotional activities in overseas markets, complementing the efforts of the Mauritius Tourism Promotion Authority.
4. Protecting the coastline and strengthening environmental resilience
Finally, the association underscores the urgent need to protect Mauritius’s coastline from erosion and climate-related pressures. It recommends extending existing tax incentives to coastal rehabilitation initiatives, including beach nourishment, dune reconstruction, shoreline stabilisation, and marine ecosystem restoration.
This represents both an environmental imperative and an economic necessity, as the coastline remains a cornerstone of Mauritius’s tourism appeal.
A call for swift and pragmatic decisions
For AHRIM, these proposals reflect a forward-looking and proactive approach. Tourism remains a key pillar of the Mauritian economy, generating employment, foreign exchange earnings, and spillover benefits across multiple sectors.
In an uncertain global environment, the priority is now to act swiftly to safeguard the destination’s competitiveness. More than incremental adjustments, the association is calling for a comprehensive strategy to sustainably reinforce one of the country’s economic foundations.













