Après avoir appelé, l’an dernier, à « marcher ensemble pour un tourisme à visage humain », l’Église catholique a poursuivi sa réflexion sur le sens du tourisme mauricien à l’occasion de la traditionnelle Messe du Tourisme. Célébrée ce jeudi 1er octobre au Quartier des Serres, à Mapou, quelques jours après la Journée internationale du tourisme du 27 septembre, la célébration a réuni des acteurs du secteur autour d’un message placé sous le signe de la rencontre, du partage et de la mission.
Présidée par le Vicaire général et aumônier de la Commission diocésaine de la Pastorale du Tourisme, Georges Kenny, la messe s’inscrit dans le prolongement du message porté en 2025 : celui d’un tourisme où l’humain doit demeurer au centre. Cette fois, le propos va plus loin. Comment faire vivre concrètement cette vision ? La réponse tient en trois verbes : écouter, discerner, prendre soin.
Écouter : le touriste n’est pas un portefeuille
Le tourisme mauricien occupe une place essentielle dans l’économie du pays. Il fait vivre des familles, crée des emplois et permet à Maurice de se faire connaître à travers le monde. Mais pour le Vicaire général, sa réalité est plus profonde : « Le tourisme à Maurice est bien plus qu’une industrie. Il fait partie de notre ADN. »
Car le tourisme est d’abord une rencontre. Une rencontre entre des personnes de nationalités, de langues, de cultures, de religions et d’histoires différentes. Une idée qui rejoint une intuition formulée il y a plus de trente ans par le cardinal Jean Margéot dans sa lettre pastorale Le tourisme, une chance à ne pas perdre : « Le touriste n’est pas un portefeuille à plumer, mais une personne à rencontrer. »
Rencontrer suppose donc d’écouter. Le visiteur, avec ses attentes et ses rêves, mais aussi tous ceux qui font vivre quotidiennement l’industrie touristique : réceptionnistes, femmes de chambre, chauffeurs, guides, cuisiniers, serveurs, artisans, pêcheurs, agents de voyage ou petits entrepreneurs.
Cette écoute doit également s’adresser aux nombreux travailleurs venus de l’étranger, à leurs histoires et à leur dignité, mais aussi aux familles qui vivent dans les régions touristiques et aux jeunes qui cherchent un avenir.
Jusqu’à la nature elle-même. À Mapou, dans le cadre du Quartier des Serres, cet appel prenait une résonance particulière : écouter la terre, la mer, les lagons, les montagnes, les forêts et les plages, autant de richesses qui constituent le patrimoine du tourisme mauricien.
Discerner et prendre soin
Mais écouter ne suffit pas. Il faut ensuite discerner. Autrement dit, regarder la réalité, entendre les besoins et chercher ensemble les réponses qui servent le bien commun.
Le Vicaire général a notamment appelé à renforcer les liens entre professionnels et institutions de formation afin d’offrir aux jeunes des perspectives suffisamment solides pour qu’ils puissent envisager leur avenir dans le pays. Une réflexion qui prolonge celle de 2025 sur la nécessité de valoriser les filières de formation et les talents locaux.
Le discernement concerne aussi l’avenir environnemental du tourisme. Le rétrécissement des plages et les effets du changement climatique sont désormais une réalité visible à Maurice. Le tourisme durable ne peut donc se limiter à quelques initiatives environnementales. Il doit intégrer la protection de la nature, la dignité humaine, la justice sociale, l’économie, la culture et les intérêts des générations futures.
Enfin vient le troisième appel : prendre soin. Prendre soin de l’étranger accueilli, mais aussi de celui qui l’accueille. Veiller aux conditions de travail, à la juste rémunération, au repos, à la sécurité et à la vie familiale de ceux qui font fonctionner le secteur.
La célébration de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions, donnait à ce message une dimension particulière. La « petite Thérèse » n’a jamais parcouru les continents. Elle a pourtant compris que la mission pouvait se vivre dans les gestes quotidiens et dans la manière d’aimer et de servir ceux qui nous entourent.
C’est finalement le message que cette Messe du Tourisme 2026 adresse à l’ensemble du secteur : écouter pour que le tourisme soit véritablement une rencontre ; discerner pour que le partage réponde aux besoins réels des personnes et de la société ; prendre soin pour que le tourisme devienne une mission au service de la fraternité, de la solidarité et de la création.
Après l’intégration et le « marcher ensemble » mis en avant en 2025, le tourisme mauricien est ainsi invité à franchir une nouvelle étape : ne pas seulement accueillir le monde, mais prendre le temps de l’écouter, de le comprendre et d’en prendre soin.
Tourism Mass 2026: listening, discerning and caring
After calling last year for a tourism sector that would “walk together” and put people at its heart, the Catholic Church in Mauritius continued its reflection on the meaning and future of Mauritian tourism during the traditional Tourism Mass.
Held this Thursday, 1 October, at Quartier des Serres in Mapou, just a few days after World Tourism Day on 27 September, the celebration brought together tourism professionals around a message centred on three words: encounter, sharing and mission.
Presided over by the Vicar General and chaplain of the Diocesan Commission for Tourism Pastoral Care, George Kenny, the Mass followed on from the message delivered in 2025, which focused on integration and a more human-centred approach to tourism. This year, the reflection went a step further. How can such a vision be put into practice? The answer lies in three attitudes: listen, discern and care.
Listening: the visitor is not a wallet
Tourism plays a vital role in Mauritius. It supports families, creates employment and allows the island to connect with the rest of the world. But, as the Vicar General pointed out, its significance goes well beyond economics.
“Tourism in Mauritius is much more than an industry. It is part of our DNA.”
At its heart, tourism is about meeting people — people from different countries, cultures, languages, religions and life experiences. It is an idea that echoes a powerful message delivered more than three decades ago by Cardinal Jean Margéot in his pastoral letter Tourism, a Chance Not to Be Missed: “The tourist is not a wallet to be emptied, but a person to be met.”
To truly meet someone means taking the time to listen. Listening to visitors, with their expectations and dreams, but also to all those who make tourism work every day: receptionists, room attendants, drivers, guides, chefs, waiters, fishermen, artisans, travel agents and small entrepreneurs.
That listening must also extend to the many foreign workers who have left their families and countries to work in Mauritius — recognising not simply a workforce, but individuals with their own stories, dignity and faces.
It must also include the families living in tourism regions and the young people seeking a future.
And it must extend to nature itself. In the setting of Quartier des Serres, this call seemed particularly relevant: listening to the land, the sea, the lagoons, the mountains, the forests and the beaches that form the natural heritage on which Mauritian tourism depends.
Discerning and caring
Listening, however, is only the beginning. The next step is discernment: looking at reality, understanding needs and finding together the responses that serve the common good.
The Vicar General called for stronger cooperation between tourism professionals and training institutions, so that young Mauritians can be offered meaningful opportunities and encouraged to build their future in the country.
The same reflection applies to the environmental future of tourism. The shrinking of beaches and the effects of climate change are already visible in Mauritius. Sustainable tourism cannot therefore be reduced to a handful of environmental initiatives. It must encompass nature conservation, human dignity, social justice, economic development, culture and the interests of future generations.
Finally comes the third call: to care.
To care for visitors, but also for those who welcome them. To pay attention to working conditions, fair remuneration, rest, safety and family life — all essential elements of the dignity of those who keep the tourism industry moving.
The celebration of Saint Thérèse of Lisieux, patron saint of missions, gave this message an additional resonance. The “Little Flower” never travelled across continents. Yet she understood that mission could be lived through everyday gestures and through the way we love and serve those around us.
This was ultimately the message of Tourism Mass 2026 to the entire sector: listen, so that tourism can truly become an encounter; discern, so that sharing responds to the real needs of people and society; and care, so that tourism becomes a mission in the service of fraternity, solidarity and creation.
After the call for integration and for “walking together” in 2025, Mauritian tourism is being invited to take another step: not simply to welcome the world, but to take the time to listen to it, understand it and care for it.
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